Tous les lots ou presque de la nouvelle tranche 3 de la zone industrielle de la Coulée ont trouvé acquéreur. Ils compléteront la quarantaine d’entreprises installées sur les tranches 1 et 2 dans une zone pas toujours connue des Montdoriens.
Les vingt-neuf lots de la nouvelle tranche, la troisième, de la zone industrielle de la Coulée, ont été attribués ou presque. Il n’en reste désormais plus qu’un. Juste à côté, sur les deux premières tranches, quatre nouvelles entreprises viennent ou sont en passe de s’installer sur les deux premières tranches. Parmi eux, Eric et Annabel Thiel, qui viennent d’ouvrir deux nouvelles activités. Eric est mécanicien spécialiste des réparations électroniques. Annabel s’occupe de la vente, de la maintenance et des réparations de matériel informatique et de téléphonie. Ils sont sans doute les seuls sur la commune à tenir ce type de commerce : « Au moins, on va dynamiser la commune et nous n’avons pas de concurrence même si ça ne me dérange pas », précise la nouvelle commerçante. Reste à se faire connaître et ce n’est pas toujours facile d’attirer la clientèle dans ce secteur.
La zone industrielle de la Coulée a été créée au début des années 1990 avec d’abord l’installation des ateliers municipaux. « Au départ, la zone a été créée pour sortir les artisans des lotissements résidentiels et le regrouper en un seul lieu à cause des nuisances, rappelle Thierry Levanqué, directeur des services techniques. Cela permettait aussi aux créateurs d’entreprise de disposer d’un endroit pour travailler. L’urbanisation de la commune est exponentielle et nous avons tout intérêt à faire travailler les gens sur place et essayer de réduire les problèmes de circulation. »
« Trop de gens ont utilisé cette zone comme habitation principale en faisant croire qu’ils avaient un projet »
Aujourd’hui, c’est près d’une quarantaine d’entreprises qui y sont installées, parfois de même type d’activités : du transport international de marchandises au snack en passant par la réparation de bateaux, la ferronnerie, la quincaillerie ou encore la menuiserie. Autant de sociétés et d’artisans qui donnent aujourd’hui à la zone une drôle de physionomie. Car tous n’ont pas exactement respecté le cahier des charges.
Certains lots semblent servir uniquement à l’entreposage de conteneurs alors que le cahier des charges oblige « à la mise en valeur du terrain dans un délai de dix-huit mois. » D’autres ont construit de jolies maisons. Certes à côté de leur entreprise puisque cela est permis « en vue de gardiennage », mais dépassant bien souvent « les 70 mètres carrés » autorisés, comme en conviennent certains de leurs occupants.
« A 100 000 francs l’are, à l’époque, c’était tentant, ironise un artisan installé depuis 1996. Trop de gens ont utilisé cette zone pour leur habitation principale en faisant croire qu’ils avaient un projet. Certains râlent même que c’est trop bruyant. Mais c’est une zone industrielle, qui plus est, enclavée, regrette celui qui a du mal à faire décoller son entreprise. Les habitants du Mont-Dore ne la connaissent pas. Ça tourne mais je voyais plus grand. »
D’autres, installés avec pignon sur route comme Franck Perrière, gérant de Bricoloisirs, ont trouvé leur clientèle. Installé depuis 1992, le patron de la société avoue tout de même avoir un peu de mal, même s’il ne regrette pas son choix. « Dès qu’on est un peu plus cher, les gens vont à Nouméa. C’est moins avantageux que d’être en Brousse. Mais au moins, on développe la commune. »
Paradoxe, les dérives observées dans la zone ont aussi permis d’attirer de nouveaux jeunes entrepreneurs : « J’ai acheté le dock avec la maison, avoue celui qui est trop heureux d’avoir quitté Ducos il y a deux ans. Cela m’a permis de devenir propriétaire de manière accessible. L’ancien a vendu à cause du bruit. Et puis, je suis à mi-chemin entre Nouméa et Goro. Mais le travail sur la commune reste exceptionnel. J’avais déjà six ans d’ancienneté sur Nouméa, les clients ont suivi. Et puis, je me dis qu’avec la nouvelle tranche, mon lot va encore prendre de la valeur ! »
D’autres entrepreneurs de la capitale profitent de la tranche 3 pour ouvrir une seconde entreprise. La demande est telle que la municipalité étudie déjà la possibilité d’une quatrième voire d’une cinquième tranche. Avec le même cahier des charges mais davantage de vigilance quant à son application prévient Thierry Levanqué: « désormais, on travaille bien avec la province qui est compétente en terme de permis de construire et qui dispose de mesures d’avantages coercitives que celles de la municipalité. Nous avons déjà pu faire stopper des constructions illégales dans d’autres quartiers. » La troisième tranche promet d’avoir un tout autre visage.
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