La tribu d’Oundjo a accueilli, hier, les stagiaires de la formation dispensée par la Secopex Pacifique pour le compte de Fouage gardiennage, une société gérant la sécurité sur le site de KNS. La maîtrise des incendies était au programme.
Les mamans de la tribu, amusées, observent du coin de l’œil ces apprentis pompiers. « Ne croise pas les jambes ! Regarde le feu ! Pense à te mettre dos au vent ! » C’est Michel, un ancien sapeur-pompier de Paris, qui lance ces conseils à la petite dizaine de stagiaires présents.
Ils sont 24, dont 3 femmes, des tribus d’Oundjo, Gatope, Tiéta, Témala, Boyen, ou encore Tiaoué, à s’être lancés dans cette formation diplômante. Ces stagiaires sont tous des salariés de la société Fouage gardiennage, qui travaille pour le compte de KNS.
Afin d’optimiser la pratique de leur profession, cette formation, financée par la société, leur a été proposée. « Ils sont très motivés. On a un taux de participation de l’ordre de 90 % », assure Éric Ries, responsable de la formation. Et pourtant, ce n’est pas tous les jours facile.
Cinq modules composent ce programme. Des bases de droit pénal et de droit civil sont enseignées « avec difficulté. La plupart n’ont aucune notion », continue le responsable. Ils abordent également la réglementation et les techniques spécifiques à leur profession. Ils bénéficient d’une formation de secourisme - diplômante également - et de sûreté. Le tout sur deux mois, au rythme de deux jours chaque semaine. « Cette profession a bien évolué, surtout dans le monde de l’entreprise. Le gardien n’est plus un simple vigile. Il doit être capable de réagir face à un début d’incendie, par exemple. »
Les stagiaires sont âgés de 23 à 50 ans. Georgy, 40 ans, s’implique à fond dans la formation. « Je suis gardien depuis un an. Avant, je ne travaillais pas, confie-t-il. Cette formation est difficile mais c’est intéressant. J’apprends des choses qui pourront aussi me servir chez moi si un jour j’ai un problème. »
« Moi, face à un feu, j’ai le réflexe de partir et de lui tourner le dos ! »
Hier, à Oundjo, le groupe s’est exercé, sous l’œil curieux de la population. « On a tenu à ce que cette formation se déroule en tribu pour inciter, notamment les mamans, à venir découvrir des gestes importants pour la sûreté », explique Éric Ries. Les stagiaires sont dans le feu de l’action. Michel, le formateur, leur apprend les techniques d’intervention sur les différents types d’incendies. « Moi, face à un feu, j’ai le réflexe de partir et de lui tourner le dos ! », raconte Georgy. Hier, Michel lui a montré que c’était une erreur.
L’examen final est prévu pour la mi-avril. Les stagiaires devront répondre à un QCM (questions à choix multiples) et s’aligner sur deux épreuves pratiques. Tous n’obtiendront pas leur diplôme mais ils repartiront avec une attestation prouvant qu’ils ont bien participé à la formation. Pour la société, c’est ce qui prévaut. Ils ont non seulement fait l’effort d’être assidus mais, surtout, chacun, quel que soit son niveau, a appris.
Actuellement, la réglementation calédonienne n’oblige pas les sociétés de gardiennage à dispenser ce genre de formation à leurs employés. Mais la sécurité, tant des biens que des personnes, est une question qui préoccupe de plus en plus. Et pour l’employeur, cette formation est l’assurance d’avoir un personnel qualifié.
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