| Eramet dans le tourbillon spéculatif |
Malmené jeudi, le titre a repris quelques couleurs en Bourse hier. La famille Duval dément avoir vendu une partie de ses actions. Les rumeurs, elles, vont bon train.
On ne s’ennuie pas avec Eramet (1). Alors que l’action perdait 13 % de sa valeur jeudi (à moins de 500 euros contre 669 euros le 20 mai dernier), tous les regards se tournaient vers la famille Duval, dont la volonté de vendre ses titres est un des secrets les plus éventés du monde financier. Démenti catégorique hier de la Sorame-Ceir (entité porteuse des actions de la famille dans Eramet). Info ou intox ? Impossible de le dire aujourd’hui, même si on imagine que la famille Duval - vendeuse ou pas - n’a pas intérêt à ce que le titre chute trop lourdement au moment où elle envisage de réaliser une substantielle plus-value sur les 8 % du capital qu’elle est aujourd’hui en droit de vendre sur le marché (lire notre précédente édition).
À défaut de connaître avec certitude l’identité des vendeurs, reste la question des acheteurs potentiels : qui sont-ils ? que veulent-ils ? Si l’on retient la thèse d’un renforcement du secteur public dans le capital du groupe (option publiquement défendue par le P-DG Patrick Buffet), les acheteurs ont pour nom Caisse des dépôts, Areva ou Erap (2). Si on se tourne du côté des investisseurs privés, tout est ouvert : le discret financier Romain Zaleski (cinquième fortune française selon le magazine Challenges), déjà détenteur de 13 % d’Eramet, pourrait être tenté d’accroître ses parts. Le nom d’Arcelor-Mittal a aussi circulé avec insistance ces derniers mois.
Pendant ce temps, en Calédonie, c’est la foire d’empoigne autour de la SLN
Et que dire des géants miniers Vale, Anglo-American, Xstrata ou Rio Tinto, aux moyens financiers démesurés et pour qui l’opération s’apparenterait presque à l’achat d’un Carambar ? Ah oui, on en oublierait presque la Nouvelle-Calédonie, dont le président du gouvernement Harold Martin ambitionne de racheter les parts de la famille Duval, soit la bagatelle de 700 milliards de francs.
Pendant ce temps, en Nouvelle-Calédonie justement, c’est la foire d’empoigne autour de la SLN. Dernier épisode en date : la prise de position publique de Didier Leroux, président de l’Avenir
ensemble, qui a jugé hier « dangereuse » la volonté des provinces de Nouvelle-Calédonie de prendre le contrôle de la SLN. « Cette proposition est dangereuse pour le pays et dangereuse pour la SLN. Elle est également irréalisable en l’état actuel des choses », a estimé Didier Leroux, ajoutant qu’une « territorialisation » de la SLN risquait de « compromettre son programme d’investissement de 120 milliards de francs sur cinq ans » et de la couper des compétences techniques et commerciales de sa maison mère, Eramet. Pour appuyer encore son propos et charger un peu plus le président de la province Sud Philippe Gomès, initiateur de cette démarche, M. Leroux a en outre indiqué que le projet menaçait « d’ébranler la confiance des investisseurs dont la Nouvelle-Calédonie a besoin pour mettre en valeur ses richesses minières ». La suite au prochain épisode.
(1) : actionnaire majoritaire de la SLN.
(2) : établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) dont l’objet social est de prendre, à la demande de l’État, des participations dans des entreprises des secteurs de l’énergie, de la pharmacie et des télécommunications, voire de la mine.
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