Le conseil des femmes de la province Nord a obtenu de visiter le site industriel de l’usine du Nord. Au centre des préoccupations, les travailleurs étrangers et l’environnement. Sur Vavouto comme sur tous ses sites industriels, Xtrata impose des conditions de sécurité draconiennes qui vont du simple port de casque aux contrôles de vitesse.
Ce matin-là, à l’initiative du conseil des femmes de la province Nord, une vingtaine de mamans se retrouvent sur le parking situé à l’entrée de Vavouto. Emmitouflées jusqu’au cou (Il fait plutôt frisquet en ce moment) et un brin excitées par l’expédition du jour.
« L’an passé, nous avons participé aux tournées d’information avec KNS, explique Hélène Néaoutyine, la présidente du conseil. On voulait voir un peu où ça en était. » La situation tourne à la franche rigolade lorsqu’il s’agit de s’affubler des casques, chasubles, lunettes et chaussures obligatoires pour entrer sur le site (lire ci-dessous).
« On a l’air d’astronautes », lance une des participantes. « J’arrive du Canada, lance une autre, hilare. Je viens voir comment ça se passe en Calédonie. »
Problème au moment de monter dans le car pour la visite guidée, une femme est venue en robe, ce qui est strictement interdit sur le site, et une autre est accompagnée de deux enfants. « Ils ne descendront du car qu’à la base-vie », tranche Stéphanie Habasque-Tobie, la directrice de communication de KNS, après avoir obtenu la bénédiction du chef de la sécurité.
Le voyage peut commencer. Les femmes ne perdent pas une miette du spectacle. Certaines prennent des photos, d’autres filment. Visiblement, le ballet des engins de chantier les fascine. Premier arrêt à la base-vie. Et premier moment important pour la délégation.
Après le visionnage d’un film sur le projet, les travaux et la protection de l’environnement, Nadia Héo, élue provinciale et habituée des visites, a apporté des précisions à celles fournies par le trio d’intervenants de KNS.
« Elle sera quatre fois plus haute que la cathédrale de Nouméa », lance-t-elle lors de la présentation de l’usine métallurgique. La diffusion du DVD à peine terminée, les questions fusent. « Vous avez prévu quoi pour protéger le lagon ? », interroge une femme. « Du corail va être transporté dans la baie de Gatope pour être préservé », répond Samuel Gorohouna, qui ajoute: « Des changements, il y en aura, mais on fait en sorte de limiter au maximum les impacts de la construction. »
« Après les tournées d’information, on voulait voir un peu où ça en était. »
Vu l’intérêt suscité par le dragage du chenal, une présentation spécifique sera proposée ultérieurement à la délégation.
Au moment d’évoquer les emplois générés par le projet, l’attention est à son maximum. « Pendant la construction, il y aura 2 500 emplois temporaires avec des pics à 3 500, explique Nathalie Poithily. Mais, lors de la phase d’exploitation, on retombera à 1 000 permanents sur le site, avec un maximum de 80 expatriés cinq ans après la mise en production. »
Une main se lève aussitôt dans la salle. « Y’a combien de Philippins ici ? » questionne une femme. « Zéro pour l’instant, répond Stéphanie Habasque-Tobie. Mais il y en aura à certains moments et pour un certain temps. Ne serait-ce que pour les travaux de soudure en hauteur, leur spécialité. » Nadia Héo, qui connaît décidément le sujet sur le bout des doigts, se veut apaisante. « Ce n’est pas la peine de former pour ça des gens d’ici, sachant qu’une fois la phase de construction terminée, il n’y aura plus de boulot pour eux. »
La matinée se termine par un périple en car que beaucoup entendent renouveler d’ici quelques mois. « Quand les choses auront encore évolué. »
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