L’an prochain, à l’initiative de la province, un contrat d’animation tribal devrait fédérer des actions menées à Saint-Louis en direction de la jeunesse. Mardi, une quinzaine d’habitants impliqués dans le monde associatif se sont rendus à Yaté pour constater le fonctionnement d’un dispositif semblable.
Ça s’écrit comme le chat en anglais, mais rien à voir. « Cat » est le petit nom donné au contrat d’animation tribal. Un dispositif conçu par la Direction provinciale de la Jeunesse et des Sports, qui prépare sa mise en place pilote l’année prochaine, à Saint-Louis.
Financé par l’institution, inscrit dans le comité de pilotage de la tribu, cet outil vise à développer des animations de toutes sortes avant l’école, après et pendant les vacances. Elles devront s’adresser aux enfants et aux jeunes, du primaire au lycée, et pourront être aussi bien sportives que socio-éducatives, culturelles, liées au patrimoine ou à l’environnement… Le tout de façon à mettre en synergie l’ensemble des forces et des moyens de Saint-Louis.
« L’objectif est de fédérer les associations, de les [impliquer] et de les rendre actrices », insiste Malo Katrawa, l’animatrice socio-éducative de la DJS chargée de mettre en route le Cat. Les projets devront être proposés par ces forces vives qui ont la connaissance du terrain, puis acceptés par un groupe de validation composé d’acteurs associatifs, coutumiers, provinciaux. La collectivité accompagnera d’un point de vue technique et pédagogique.
Le même principe a été appliqué par le même agent pour mettre en œuvre le contrat éducatif local de Yaté.
« A Yaté, on a pu observer ce qui se passe et ça nous permettra de nous en inspirer »
Mardi, une quinzaine de personnes impliquées dans le tissu associatif de Saint-Louis sont donc parties chez la voisine pour se rendre compte par elles-mêmes.
Lors de ce déplacement organisé en lien avec les deux DJS et les deux communes, le groupe a découvert ce que les associations de Yaté proposent, sur le temps libre, dans les établissements scolaires et les tribus. A l’école publique de Waho, il a été question d’ateliers couture, de vannerie et de danse traditionnelle. A celle de Touaourou, de contes et légendes en langue. La visite s’est poursuivie au local de l’association des jeunes de la Stetho, qui propose des ateliers de musique et un espace lecture de proximité.
« On a pu observer ce qui se passe et ça nous permettra de nous en inspirer. Par exemple, on pourra créer des activités comme la vannerie, le tressage, la danse traditionnelle ou encore les contes en langage », estime déjà Sylvio Wamytan, de l’association Nouveau soleil et agent de la MIJ. Le jeune homme a aussi été nommé président du groupe de validation.
Une fois lancé, le Cat sera une première. Si l’expérience paie, elle pourrait être reconduite ailleurs. Mais avant de récolter les fruits, il faut débrousser le champ, et ce n’est pas le plus simple. Le contrat d’animation tribal a été présenté à la tribu il y a deux mois à peine. Depuis, plusieurs réunions se sont tenues pour le présenter. Malo Katrawa, qui a été désignée coordinatrice par le groupe de validation, s’attache en parallèle à recenser ce qui existe, à rencontrer un par un les acteurs associatifs et à définir les besoins.
Une prochaine rencontre est prévue le 1er octobre à la maison commune de Saint-Louis. La visite à Yaté pourrait aussi être renouvelée pour l’exposition de fin d’année lors de laquelle les associations présenteront leur travail.
Françoise Tromeur et Catherine Léhé
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