| Des règles pour observer
les baleines |
Les propriétaires de bateaux et les skippers qui pratiquent l’observation des baleines et des dauphins dans le lagon calédonien ont signé, hier, avec la province Sud, une charte portant sur la conduite à tenir pendant la pratique de leur activité.
Tous ont suivi une formation et assisté en baie de la Moselle à une démonstration de respect des distances d’observation par rapport à une bouée noire représentant un mammifère marin. Toute la difficulté est d’apprécier objectivement une distance en pleine mer en l’absence de télémètre ou d’autre instrument de mesure.
Trois zones ont été définies dans la charte : une zone de prudence de 300 mètres de rayon autour de l’animal, une zone d’approche de 100 mètres pour les baleines et de 50 mètres pour les dauphins. Il est en outre notamment recommandé de ne pas toucher ni nourrir un cétacé, de ne pas nager avec lui, de ne pas produire de bruits forts et soudains. La liste comprend une quinzaine d’autres précautions à prendre.
Pour Jane Levie, skipper professionnel qui a été la première avec Denis Verhoeven à pratiquer le whale watching en 1994 en Nouvelle-Calédonie, cette charte s’imposait : « Elle était nécessaire », explique-t-elle. « On était arrivé à un moment où il fallait mettre les choses au point. Quand nous étions à un ou deux voiliers à suivre les baleines, ça ne les gênait pas. L’engouement du public pour la nature et l’environnement fait que la population a afflué pour ce genre de sortie, d’où un nombre considérable de bateaux sur les sites. Il y avait saturation. Il était donc devenu nécessaire de réglementer, non seulement pour les professionnels mais aussi pour les particuliers. Nous espérons qu’ils suivront notre exemple »
Une charte prévoit trois zones de sécurité et les précautions à prendre autour des cétacés
Pour Pierre-Philippe Avron, le président du syndicat des activités nautiques à caractère touristique, le SANT, « la charte présente trois axes d’intérêt. Tout d’abord, elle montre que le whale watching est un produit autre que la balade en mer et qu’il doit passer par un certain nombre de règles pour perdurer.
Ensuite il y aura un effet induit sur la clientèle qui prendra conscience que l’on n’est pas dans un Marineland et le milieu naturel dans lequel on opère ne garantit pas l’observation à coup sûr.
Enfin, le troisième aspect important c’est qu’avec le classement du lagon à l’Unesco il y aurait pu y avoir une interdiction formelle de pratiquer cette activité qui a un impact économique important. Il fallait donc jouer le jeu en commun avec la province Sud, d’autant plus que la volonté politique ne voulait pas montrer la Nouvelle-Calédonie comme le mauvais élève du Pacifique Sud. Sinon on nous aurait imposé une réglementation. Dans le cas de figure actuel, nous sommes associés aux mesures. »
La saison d’observation va débuter dans une semaine avec la mise en application de la charte. De leur côté, les scientifiques vont, comme chaque année, s’installer au sommet du cap N’Dua afin de poursuivre leurs travaux sur le comportement des cétacés et de ceux qui les regardent.
Des agents de la province Sud, enfin, patrouilleront à bord de trois vedettes pour veiller au grain et sensibiliser les plaisanciers à l’opération et au contenu de la charte.
|
A la une |
|
|
 |
|