| Inauguration express du Centre technique à Païta |
La Fédération internationale de football a inauguré, samedi matin, une partie du Centre technique fédéral
à Païta en présence de six anciens champions du monde. L’occasion de les apercevoir très furtivement.
« Si tu as de la joie au cœur, crie Zidane : Zidane ! » Autour du tapis vert, 250 enfants des centres de vacances de Païta prennent leur mal en patience en chantant. Ils dressent la haie d’honneur en attendant les Bleus. Karembeu et aussi Zidane. Il est 10 heures du matin. Les champions du monde ne devraient plus tarder. Les représentants des institutions et de la fédération de football sont déjà tous là aux côtés des chefs coutumiers, prêts à inaugurer la première tranche du futur Centre technique fédéral de Païta (lire en page 11), financé par la Fédération internationale de football association (Fifa). Sur le terrain, 160 autres enfants participant au festival océanien de la jeunesse tâtent du ballon sur la nouvelle pelouse entièrement synthétique. De l’autre côté du gazon et des barrières, un peu plus d’un millier de personnes patientent, ballons et tap-tap à la main.
« Quand j’étais petite, mon père nous réveillait à quatre heures du matin pour regarder les matchs de l’équipe de France avec Platini ! »
Les premiers sont arrivés dès 7 heures du matin. Pas question de manquer une miette du passage des Bleus pour Anne-Marie et sa famille, supportrice de l’équipe de France depuis toujours. « Quand j’étais petite, mon père nous réveillait à quatre heures du matin pour regarder les matchs avec Platini ! » Un peu plus loin, Alexandre et Bruno, âgés de 24 et 33 ans, piaffent comme des gamins : « On était là à leur arrivée à Tontouta et à la baie de la Moselle. » Mais pas de ticket pour le match. Alors venir à Païta était la dernière occasion d’approcher les champions. Mais la cérémonie ne va pas se passer comme prévu.
A 10h25, le bus Karembeu fait son apparition à l’entrée du Centre technique. Tout le monde retient son souffle. Aimé Jacquet en sort, précédé de Martin Djetou et suivi de Franck Sylvestre, de Raphaël Guerrero, de Pascal Vahirua et de Franck Rabarivony. Bernard Lama les rejoindra un peu plus tard. Pas de Zizou. Pas de Christian Karembeu. Et pas question de faire la coutume sans l’enfant du pays. Une autre demi-heure se passe avant qu’il n’arrive aux côtés d’Antoine Kombouaré. Après la cérémonie coutumière, les stars du football pressent le pas. Pas le temps de tremper les mains dans l’argile façon Hollywood boulevard comme prévu (lire encadré). Les enfants qui composaient la haie d’honneur sont partis s’abriter de la pluie et n’ont pas le temps de se replacer. Aimé Jacquet mène le groupe, fait le tour du terrain et arrive à la tribune officielle. Le public agite ses tap-tap, souffle dans les sifflets, appelle Christian et Antoine pour des autographes. Quelques-uns des anciens camarades de l’entraîneur de Valenciennes ne sont d’ailleurs pas loin. « Nous étions au collège Sainte-Marie ici à Païta ensemble, avoue Maurice. C’est encourageant pour les jeunes de les voir. Qu’ils restent tous les deux comme ça. Simples. »
Après une nouvelle séance de discours des représentants des institutions et de Joseph Blatter (président de la Fifa), le ruban est enfin coupé sur le gazon. Les autres joueurs sont déjà repartis. Les deux stars locales sont accaparées par les enfants qui veulent tous leur signature sur leur maillot. Ils auront un mal fou à débuter un petit match. La centaine de spectateurs restante scande « Christian ! ». Mais plus rien ne tient. Les voilà qui enjambent les barrières et viennent s’agglutiner autour des deux footballeurs qui jouent avec les enfants. Quelques contrôles et éclats de rire plus tard, les deux joueurs sont à nouveau pris d’assaut. Et auront de la peine à rejoindre leurs véhicules. Stylo à la main, ils signeront tous les ballons qui se tendent. Jusqu’à la dernière seconde, adulés comme des dieux.
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