| Philippe Michel : « Lamentable » |
« Un déni de démocratie, une manœuvre indigne d’un député de la République » : c’est ainsi que la tendance Gomès a jugé hier le refus de Pierre Frogier d’accepter la constitution de leur groupe au Congrès et leurs listes de candidats aux commissions intérieures.
« Nous n’acceptons pas la décision illégale du président du Congrès destinée à nier l’existence de près d’un quart (12 élus sur 54) des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, a souligné hier Philippe Michel en conférence de presse. Nous engageons donc, sur-le-champ, toutes les procédures permettant de faire constater cet abus de droit, pour permettre à tous ceux qui nous ont fait confiance en 2004 de continuer d’être représentés dans la première institution politique du pays. » État, justice, la tendance Gomès veut agir à tous les niveaux. Elle estime en effet que le refus de création de groupe auquel elle se heurte, constaté par huissier, est « extrêmement lourd de conséquences », contraire à la règle, et surtout destiné à « préserver les intérêts politiques et les moyens de fonctionnement » alloués aux alliés du Rassemblement dans l’accord-cadre, à savoir Harold Martin et Didier Leroux.
Double cible donc, la principale étant bien sûr l’autre tendance de l’Avenir ensemble. « À l’issue de cette lamentable manœuvre politicienne, a insisté Philippe Michel, Harold Martin et Didier Leroux pourraient en effet continuer à bénéficier des moyens de fonctionnement payés par le Congrès (…). Après le coup de force interne du 17 mai pour la prise de contrôle du parti, puis le ralliement inconditionnel aux positions politiques du RPCR, nous assistons à une nouvelle illustration de la justification politique de l’accord-cadre. »
« Qu’il s’agisse du reniement complet de nos engagements politiques de 2004, comme de la trahison de nos principes de démocratie et de transparence, chacun peut constater aujourd’hui à quel point cet accord-cadre n’a plus aucun sens pour l’Avenir ensemble », a-t-il ajouté.
Philippe Gomès, pour sa part, a appelé « les autres groupes politiques du Congrès à ne pas accepter les pratiques de la présidence actuelle » et la mise de la première institution du pays « au service de médiocres petites manœuvres politiciennes ».
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