Gérard Jodar et quatre militants comparaissaient, hier matin, devant la cour d’appel. Le président du syndicat s’est expliqué sur la manifestation organisée en octobre 2007, lors de la visite de Christian Estrosi. Mickaele Safoka, le responsable de la section BTP, répondait quant à lui de violences dans trois affaires. Délibérés le 19 août.
Cinq heures de débats et une matinée entière consacrée à l’USTKE. Le programme de la cour d’appel était chargé, hier, avec cinq affaires impliquant le syndicat inscrites au rôle. A quatre reprises, Mickaele Safoka, le secrétaire général de la fédération BTP, a été appelé à la barre, dont trois fois pour des faits de violence.
L’affaire la plus marquante portait sur l’agression du directeur de Carsud, la nuit du 16 au 17 janvier, lors des affrontements de Normandie. Il y a trois mois, le tribunal avait condamné ce responsable de l’USTKE à dix-huit mois de prison, dont six avec sursis, pour avoir volé le véhicule du directeur avec violences. « En regardant les infos à la télévision, celui-ci vous a identifié comme le meneur des agresseurs, a rappelé le président Gérard Fey. Il a parlé d’un homme d’environ 40 ans, barbu, portant un bonnet. »
« Vous savez, des barbus à l’USTKE, il y en a des centaines », a fait remarquer Mickaele Safoka, après avoir nié une nouvelle fois sa participation à cette agression. « Mes responsabilités, je veux bien les assumer. Mais je n’étais pas là au moment des faits », a-t-il déclaré.
« On considère les militants comme s’ils étaient Jacques Mesrine »
« C’est seulement après l’avoir vu à la télévision, une semaine après les faits, que le directeur a donné cette description », a précisé Me Aguila, l’avocat du prévenu. Pour appuyer la version innocentant son client, deux témoins ont été cités à la barre par la défense. L’un et l’autre ont affirmé que l’intéressé ne pouvait être le coupable puisqu’ils se trouvaient à ses côtés, au moment des faits. Soit à plusieurs centaines de mètres de l’agression.
Pour Me Mansion, le représentant de la partie civile, il s’agit de « témoins de dernière minute ». L’avocat général, M. Pagnon, a insisté quant à lui sur « l’extrême gravité des faits auxquels Michel Delaisse (nldr : le directeur de Carsud) a échappé ». Le jugement a été mis en délibéré au 19 août.
Mickaele Safoka comparaissait également pour avoir jeté une pierre sur un gendarme, au cours d’une manifestation organisée pour la visite d’Yves Jégo, le 29 mai, à Nouméa. Une fois encore, le représentant syndical a nié les faits, malgré le témoignage d’un gardien de la paix et du directeur de cabinet du haussaire. « On considère ces militants comme s’ils étaient des bandits de grands chemins, comme s’ils étaient Jacques Mesrine », s’est indigné Me Aguila en insistant sur les méthodes d’arrestation de la police.
Les deux dernières affaires portaient sur les conflits survenus à l’entreprise ECT, en septembre et octobre 2007. Mickaele Safoka et son secrétaire adjoint ont été entendus pour l’agression du gérant de la société, sur lequel un bidon d’huile avait été renversé. Négatif, ont affirmé une nouvelle fois les militants. Deux autres adhérents les ont ensuite rejoints à la barre pour répondre eux aussi d’entrave à la liberté de travail, en occupant l’entrée d’un dock de la société ECT. La décision de la cour d’appel sur ces trois affaires sera également connue le 19 août.
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