| Un diplôme qui nourrit l’industrie agroalimentaire |
Les industries agroalimentaires de Calédonie disposent désormais d’une formation adaptée au secteur. Elle vient de livrer sa toute première promotion.
Faute de formation, elle a appris sur le tas. Mais aujourd’hui, Huguette Boulatte, 38 ans, a bel et bien acquis le métier d’OPFPA, ouvrier polyvalent de fabrication de produits alimentaires. Elle fait partie des quatre employés de Biscochoc qui viennent d’obtenir leur Capa industrie agroalimentaire au CFPPA sud, le centre de formation professionnelle et de promotion agricole, situé à Saint-Louis.
Cette filière, inédite en Calédonie, a livré la semaine dernière sa toute première promotion, devant les stagiaires, leurs formateurs, les partenaires institutionnels mais aussi les professionnels convaincus par la démarche. Car elle doit permettre de répondre aux besoins de formations adaptées aux exigences du secteur, mais aussi à l’organisation et aux techniques propres aux différentes entreprises.
Elle a en fait touché deux publics. Les enseignes agroalimentaires étaient représentées par neuf salariés de Nestlé, Socalait, Biscochoc, la GBNC et la Biscuitière. « Je me suis dit que ça serait bien de tenter ma chance,
explique ainsi Huguette. J’avais la pratique, mais pas la théorie. Ça m’a ouvert l’esprit pour pas mal de choses. On comprend mieux ce qu’on fait. C’est un plus pour moi, un diplôme reconnu. »
Neuf salariés et onze demandeurs d’emploi se sont succédé aux postes de travail
Les onze autres participants étaient des demandeurs d’emploi, comme Bernard Taile. Ce jeune homme de 24 ans avait déjà travaillé pour Nestlé. « Après, j’ai aimé l’industrie agroalimentaire, surtout dans la fabrication. La formation m’a apporté beaucoup, notamment au niveau de la technologie alimentaire, de la fabrication des matières premières jusqu’au produit fini. »
Pour décrocher un diplôme national fait de huit unités capitalisables, les stagiaires devaient passer 800 heures au CFPPA et 22 semaines dans l’une de ces entreprises partenaires. Et, pour éviter toute vacance sur les postes de travail, salariés et demandeurs d’emploi se sont succédé toutes les deux semaines. Un beau challenge, encadré sur site par un tuteur.
Autant de raisons pour lesquelles cette formation, financée par la Nouvelle-Calédonie, a été qualifiée de « pilote » et de « grande première » par le représentant de l’État, Olivier Grzelak, lors de la petite cérémonie organisée vendredi. Et de « bon exemple pour toutes les autres filières de formation et toutes les entreprises » par Philippe Germain, directeur de Biscochoc et président de la Finc, la Fédération des industries.
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