| Yves Jégo reconnaît « des attentes » |
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer multiplie ses visites depuis son arrivée, samedi soir. Il a reconnu les « attentes » de la population. Il a aussi peut-être généré une grosse déception : l’Etat ne participera pas au financement de fonctionnement du nouvel hôpital.
« Nous allons travailler sur des sujets d’avenir, a assuré M. Jégo. Vous savez que le président de la République a voulu signer personnellement au mois de mai avec le président Gaston Tong Sang le Contrat de projets. Une de mes tâches est de faire en sorte que l’on puisse lancer, avec le haut-commissaire, la réalisation opérationnelle de ce Contrat de projets », a-t-il ainsi indiqué, en mettant en avant également sa volonté d’aller « à la découverte de la diversité de la Polynésie française ».
« Je sais qu’il y a beaucoup d’attentes. Il y a beaucoup de demande , il y a beaucoup de difficultés, des sujets d’inquiétudes. Ma porte est ouverte pour tous ceux qui veulent venir me rencontrer pour parler de l’avenir de la Polynésie française », a-t-il poursuivi.
M Jégo arrive dans un contexte social difficile : « A quoi servirait un ministre s’il ne venait que quand c’est facile ? Il viendrait faire du tourisme, a-t-il répondu. Ce n’est pas mon cas. Je viens travailler J’ai entendu ces inquiétudes, j’ai entendu s’exprimer les angoisses. J’ai vu les chiffres sur la réalité sociale, sur la réalité économique, eh bien l’Etat est présent. Il est motivé à faire encore plus qu’il n’a fait jusqu’à présent pour soutenir le développement de la Polynésie. »
Pas d’ingérence
« Je viens avec un certain nombre de nouvelles financières sur les moyens qu’attend la Polynésie en matière de dotation. Un certain nombre de nouvelles sur les années qui viennent. »
Et le secrétaire d’Etat de nier tout « désengagement » de l’Etat. « Je regardais les chiffres, avant de venir, sur les trois dernières années. Quand on regarde les sommes dépensées réellement par l’Etat par an et par habitant, on a augmenté de 42 % nos dépenses. Alors je ne sais pas si ceux qui parlent de désengagement ont ces chiffres, s’ils ne les ont pas, je les tiens à leur disposition, mais il y a au contraire une volonté forte de s’engager », assure-t-il, mais en mettant aussi en garde : « Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas réformer un certain nombre de dispositifs, qu’il ne faut pas faire en sorte de s’adapter à un monde qui change », a-t-il déclaré.
Yves Jégo réfute enfin toute ingérence politique et nie que son déplacement soit un un soutien à la majorité de Gaston Tong Sang pour les élections sénatoriales 21 septembre prochain. « Je pense que tous ceux qui veulent m’entraîner sur le terrain des élections n’y arriveront pas. »
Un défi pour la collectivité
« Je viens ici en tant que représentant de l’Etat pour faire en sorte que les grands projets avancent, pour soutenir les élus démocratiquement choisis par les Polynésiens et je ne me mêlerai pas de politique politicienne », assure-t-il. Et de conclure : « Je ne viendrai sûrement pas dans l’arène politique. Elle ne manque pas de noblesse mais elle n’est pas dans le champ d’action du ministre. »
L’hôpital du Taaone est « un bel outil » selon Yves Jégo, mais aussi « un défi qui se pose à la collectivité pour le faire fonctionner correctement », car « il n’y a pas d’aide de l’État sur une compétence qui n’est pas une compétence de l’État. L’État se mobilise sur ses compétences. Le Contrat de projets prévoit des investissements lourds dans un certain nombre de domaines, mais pas sur cet établissement. »
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