Le député Pierre Frogier, patron du Rassemblement-UMP, a été réélu hier président du Congrès pour la dernière année de la mandature. La querelle interne de l’Avenir ensemble, qui a dominé le déroulement de la séance, a permis à l’indépendantiste Jean-Pierre Djaïwé d’accéder à la première vice-présidence.
L’accord-cadre a plié mais pas rompu : Pierre Frogier a été rééelu hier matin président du Congrès pour les dix mois qui restent à courir avant les provinciales de mai 2009. Mais alors qu’il avait été élu l’an dernier au premier tour et à la majorité absolue, il a dû se contenter cette fois d’un troisième tour à la majorité relative, avec seulement quatre voix d’avance sur le candidat du FLNKS, Jean-Pierre Djaïwé.
L’accord-cadre qui avait permis au Rassemblement de revenir au perchoir du Congrès a donc tenu, mais il est clairement effrité par le rejet des douze dissidents de l’Avenir ensemble tendance Gomès, qui se sont eux-mêmes rebaptisés Ensemble pour l’avenir. Selon l’usage, c’est le doyen de l’assemblée, Jean Lèques, assisté des deux benjamines du Congrès, Christiane Gambey et Corine Voisin, qui a présidé la séance, le temps d’élire le président. Et en fonction de la nouveauté introduite l’année dernière pour éviter les « erreurs », les élus ont voté en passant par l’isoloir, procédure longue et contraignante dont certains se sont affranchis en se contentant d’un petit tour d’une demi-seconde derrière le rideau...
Le vote a été identique du premier au troisième tour. Trois candidats à chaque fois : Pierre Frogier, présenté par le Rassemblement, Jean-Pierre Djaïwé par le FLNKS, et Marie-Noëlle Thémereau par Ensemble pour l’Avenir. Et le même score à chaque fois : 12 voix pour Marie-Noëlle Thémereau (celles de la tendance Gomès), 18 voix pour Jean-Pierre Djaïwé (le plein des 9 de l’UNI, des 8 de l’UC et de celle du LKS), et 22 voix pour Pierre Frogier (les 13 du Rassemblement, les 4 de l’Avenir ensemble tendance Leroux, les 4 des ex-Front national et celle de Simon Loueckhote).
l’Avenir ensemble a du se contenter de la huitième vice-présidence, celle d’Isabelle Ohlen
Deux bulletins blancs sont venus ponctuer ce score, ceux de Christiane Gambey et de Françoise Sagnet.
L’an dernier, avec 35 voix, toutes celles du camp non indépendantiste, Pierre Frogier avait été élu au premier tour. Avec 22 voix seulement hier, il a dû attendre le troisième avant de reprendre son poste de président, en assurant l’assemblée qu’il s’engageait à « gérer l’institution en toute impartialité ».
Ce score amoindri est évidemment la conséquence directe des divisions de l’Avenir ensemble et du rejet de l’accord-cadre par les douze élus de la tendance Gomès, Christiane Gambey l’ayant condamné dès l’an dernier. Leur position a surtout coûté la première vice-présidence de l’institution à Isabelle Ohlen, au profit du candidat FLNKS tendance Palika Jean-Pierre Djaïwé. Car pour l’élection à la proportionnelle des huit vice-présidents, quatre listes étaient en présence.
Avec 18 voix, toujours le plein, les indépendantistes ont obtenu la première vice-présidence (Djaïwé), la quatrième (Lepeu) et la sixième (Eurisouke). Avec 14 voix, le Rassemblement a pris la deuxième (Gay) et la cinquième (Maresca). Avec 12 voix, Ensemble pour l’avenir a obtenu la troisième (Kotereu) et la septième (Bernut). Enfin, avec six voix (les quatre siennes et celles du Mouvement calédonien français de Guy George), l’Avenir ensemble a dû se contenter de la huitième vice-présidence, celle d’Isabelle Ohlen. L’élu du Nord, chef du groupe UNI, sera donc amené à monter au perchoir et à diriger les débats en l’absence de Pierre Frogier. Il a d’ailleurs déjà eu l’occasion de le faire. Enfin, les postes de secrétaires et de questeurs ont été pourvus par le Rassemblement (Vauthier et Varra) et par le FLNKS (Deteix et Dounehote).
Au total, sur les treize membres du bureau, présidence comprise, le Rassemblement en compte cinq (contre quatre l’an dernier) tout comme le FLNKS. Ce qui conforte les partis signataires historiques de l’Accord de Nouméa, ce que l’Avenir ensemble regarde comme un « retour à la politique des blocs ».
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