| Démonstration de force des agences de voyages |
Plusieurs dizaines d’employés d’agences de voyages ont bloqué, hier matin, le fonctionnement des bureaux d’Air France et d’Aircalin en s’y rendant en masse. Après la baisse de leur commission sur la vente des billets, la profession veut à présent s’en remettre à un « arbitrage ».
Embouteillage monstre, hier matin, aux services de réservation d’Aircalin et d’Air France. Plusieurs dizaines d’employés et de responsables d’agences de voyages de la place ont en effet effectué une petite démonstration de force : « On a pris chacun son ticket d’attente, on s’est assis pour attendre notre tour, le tout dans une ambiance bon enfant », expliquait hier Alain Parisot, président du syndicat des agences de voyages. Par cette action, les professionnels ont ainsi voulu montrer « l’embouteillage qui risque de se produire chez les deux compagnies si jamais nous venions à disparaître », selon Alain Parisot. Car, avec la baisse progressive de leur commission sur la vente du billet, c’est bel et bien le spectre de la disparition que brandissent ces professionnels. « A elles seules, les deux compagnies aériennes vont-elles pouvoir absorber 150 clients supplémentaires par jour et répondre aux 500 coups de téléphone quotidiens ? », se demande encore le président du syndicat.
Spécificité locale
Début juillet, Aircalin a en effet ramené le niveau de sa commission de 9 à 5 %. A l’horizon, c’est la disparition complète de cette commission reversée aux agences de voyage qui se profile. Soit 15 agences et environ 150 emplois qui seraient menacés. « C’est simple, explique un responsable d’agence. En passant de 9 à 5 %, il faudrait que nous augmentions notre chiffre d’affaires de 80 % pour gagner la même chose. C’est strictement impossible ». Pour les agences, la baisse de leur commission n’est rien d’autre qu’un « abus de position dominante des deux compagnies, en situation de monopole ». Et ceci même si les agences étaient prévenues de cette disparition progressive depuis 2001, effective en Métropole depuis 2005. Un calendrier qui ne trouve pas grâce aux yeux des professionnels, qui mettent en avant la spécificité du marché calédonien.
Les arguments sont éprouvés : « On nous oppose que le système de la commission zéro s’est généralisé partout dans le monde. C’est faux. En Australie ou en Polynésie, il subsiste toujours. En Métropole, les agences de voyages ont pu se rattraper sur des produits comme les réservations de train, des formules tout compris de vol, la réservation d’hôtel, la location de voiture ou sur le low-coast. C’est impossible ici où on ne vend pratiquement que du vol sec. Par ailleurs, les compagnies aériennes ont fermé leurs agences dans les villes de moins de 300 000 habitants. Comment pourrait-il en être de même ici ? »
A la suite de leur action, les agences de voyages n’attendent plus rien des compagnies. « Cela ne sert à rien de les rencontrer puisqu’ils ont rompu les négociations en imposant unilatéralement la baisse », conclut Alain Parisot, qui s’en remet désormais à une procédure d’arbitrage, de la part d’un organisme indépendant, « le gouvernement ou la CCI ».
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