Le bailleur social de Nouvelle-Calédonie a fêté ses vingt ans, samedi, aux Tours de Magenta, dans une ambiance chaleureuse. Les habitants de la Sic étaient bien nombreux à accepter l’invitation.
Les Tours de Magenta se sont mises sur leur trente et un. Il faut dire que l’événement était de taille. Ce n’est pas tous les jours qu’on a vingt ans et pour la Société immobilière calédonienne (Sic), il était important de fêter dignement son passage à une nouvelle décennie. Et les locataires le lui ont bien rendu en se mettant en quatre pour organiser de multiples animations auxquelles l’ensemble des résidents de la Sic de Nouméa et de nombreuses associations étaient conviés.
Les festivités ont démarré avec le soleil, et ce sont les mamans de Magenta qui ont ouvert le bal avec leurs plus beaux chants. Toutes vêtues de vert, elles ont attiré les foules et ont offert, une fois n’est pas coutume, une surprise aux institutionnels, à commencer par Jean Lèques, le maire, à qui elles ont donné un nom de poisson, le dawa. Il n’a pas eu d’autre choix que celui d’accepter, sous le regard rieur de ses administrés, mais Philippe Gomès, Thierry Cornaille, Gaël Yanno ou Olivier Beugnot ne sont pas, non plus, passés au travers. Le président de la province Sud a gagné le titre de dauphin, pour laisser celui de bec de cane au patron de la Sic, de picot au député et de perroquet au premier directeur général de la Sic. Tous ont effectué leur plus beau pas de danse au bras de ces mamans toniques.
L’heure était ensuite aux discours, à commencer par le premier magistrat qui a émis l’idée de lancer des concours avec les autres cités. « Échangez! Partagez! Et groupez-vous contre les trublions qui viennent mettre le bazar ».
« On a la plage, les commerces, la poste mais les appartements ont besoin d’être rénovés. »
Philippe Gomès, le président de la province Sud, a quant à lui salué « le plus bel outil au service du destin commun », que représente la Sic, forte de 7 500 logements dans l’agglomération. Au loin, des enfants du quartier se ruaient vers la petite locomotive. « Démarrez le train », criaient-ils le cœur joyeux. D’autres s’empressaient de se refaire une frimousse au stand de maquillage et les plus manuels se lançaient dans la confection de colliers de perles.
Des locataires de Rivière-Salée, venus en famille, se plaisaient dans les appartements de la Sic. C’était le cas de Jacques, père de trois enfants : « On est bien dans tous les quartiers de Nouméa, finalement. Simplement, ce sont les jeunes... Regardez ici, c’est super, mais les soirs de week-end, ce n’est pas la peine. »
Une analyse partagée également par André-Ezecquiel Waneux, président de l’association Mieux vivre à Magenta. « L’emplacement de cette cité est le meilleur endroit. On a la plage, les commerces, la poste mais les appartements ont besoin d’être rénovés. Les immeubles ont déjà plus de trente ans ». Quant à la vie de quartier, cet homme investi refuse « le malaise » qu’on met trop souvent sur le dos des jeunes. « Oui, il y a un peu de délinquance. Des jeunes d’autres quartiers transitent souvent par ici car il y a de l’espace. Ici, la maison de quartier est excentrée et on aimerait avoir une salle commune pour les jeunes, au lieu qu’ils traînent dans les halls d’immeubles. Ils pourraient se défouler entre eux. Ils ont beaucoup d’idées ». Il y a peu, ils ont même créé une association. Pour l’événement, ces jeunes ont bien voulu s’occuper de la sécurité. Seules quelques bandes rivales sont venues ternir la fête en fin de journée. Mais la police n’était pas bien loin ...
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