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  Nouméa > Nouméa - 08/08/2008    
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Nouméa : Sans destination fixe
Alors que la réflexion se poursuit sur la future destination du centre Macadam partage, la question se pose au sein même de la mairie sur l’attitude à adopter envers les SDF : dans la ville ou en dehors ?

L’an dernier encore, lors de réunions et de rencontres avec des habitants et des commerçants du centre-ville et du Quartier-Latin, le maire annonçait régulièrement son intention de déplacer le centre d’accueil des SDF, en réponse à ceux qui se plaignaient des troubles causés apparemment par ceux-ci.
La tendance a peut-être changé. Car cette question -laisser le foyer d’accueil des sans-domicile fixe en centre-ville ou l’excentrer - se retrouve aujourd’hui en pleine actualité. À la place de Macadam partage, il y aura le bâtiment des archives. Il faut donc trouver une nouvelle destination au foyer géré par l’association Accueil.
Pour Marie-Christine Rocheteau, la chef de centre, il n’y a pas photo. « On doit rester en centre-ville, c’est là qu’il y a des petits boulots, les administrations… Même si les SDF font tache sur la carte postale. »
La réflexion tourne autour d’une interrogation : « Dans quel périmètre Macadam partage peut-il rester efficace ? », relève Dominique Korfanty, 9e adjointe au maire chargée de l’action sociale. Qui souligne aussi que « ce n’est pas parce qu’il y a un centre pour SDF qu’il y a des SDF ». Au contraire, sans structure, les SDF seraient toujours là, mais livrés à eux-mêmes. Ce sont bien les lumières de la ville qui attirent les futurs SDF. Ils ont été expulsés d’ailleurs ou veulent un travail, avant de se retrouver sans rien.

« Il y a un amalgame entre les SDF et les personnes oisives »

N’empêche. Hier, lors de l’inauguration qui avait lieu au centre Macadam partage (lire ci-contre), Gaël Yanno, à qui l’on demandait des éclaircissements quant à l’avenir du foyer, n’a pas caché la complexité de l’affaire : « Il est vrai qu’il y a une certaine catégorie de personnes qui crée un sentiment d’insécurité. Du coup, certains voudraient déplacer le centre. Mais je pense qu’on ne peut pas faire l’économie d’une telle structure en centre-ville. » C’est aujourd’hui vers cette solution que l’on s’achemine donc, même si certains sont encore réticents.
Question délinquance, si Marie-Christine Rocheteau concède que « tous nos gars ne sont pas des anges », elle estime aussi qu’il y a trop souvent « un amalgame entre les SDF et les personnes oisives, en errance, qui viennent des squats ou des quartiers. Et parmi ceux qui posent problème, il y a une petite minorité de SDF. » Dominique Korfanty partage la même analyse.
Si les locaux actuels de Macadam partage appartiennent à la mairie, ce sont désormais toutes les institutions qui s’impliquent dans la recherche d’une destination adéquate pour le centre : la prochaine réunion aura lieu à la fin du mois.

  Avant de déménager, Macadam inaugure 
Drôle de coïncidence. Au moment même où se pose la question de la future destination du centre Macadam partage, la structure continue de se doter de nouvelles installations - presque comme si de rien n’était. Hier donc, de nombreux partenaires et institutionnels ont assisté à l’inauguration de deux cabanes de chantier aménagées en bibliothèque et en espace numérique (prochainement agréé comme cyberbase), avec climatisation et électricité. Chacune a coûté environ 900 000 francs et est recouverte de graffs, de dessins et de textes.Ces deux bungalows se situent en lieu et place du futur bâtiment ultramoderne des archives municipales. Mais rien de grave : les modules sont amovibles, donc ils suivront le centre, où qu’il aille.
En présence d’une soixantaine d’invités, cette inauguration a été l’occasion de rappeler le rôle de la structure d’accueil et ses activités quotidiennes.
D’un côté, la ville s’enrichit et se développe. De l’autre, une partie de la population n’en profite pas et se retrouve à la marge. (Photo J. Samperez)

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