D’un côté, il y a l’hôpital qui ne parvient pas à recruter des médecins permanents. De l’autre, les spécialistes vacataires qui ne peuvent pas toujours se déplacer de Nouméa, faute d’avion. Même si, au CHN*, on affirme que « les urgences sont parfaitement assurées », la situation médicale est plutôt tendue sur la côte Est.
Faute de médecins, les consultations ne sont, aujourd’hui, plus assurées à l’hôpital de Poindimié. Joachim Tutugoro, le directeur adjoint, est le premier à déplorer cette situation : « Nous sommes obligés de réduire la voilure pour éviter d’exposer et d’exploser nos équipes. »
Il y a environ deux semaines, l’un des deux docteurs a quitté son poste, et il n’a toujours pas été remplacé. François Baur est donc tout seul pour assurer les gardes : « Ça veut dire 24 heures sur 24 et je dois avouer que c’est un peu difficile à gérer. » Même si un collègue de Koumac est venu lui prêter main-forte pendant quelques jours, la situation reste relativement tendue.
En réalité, le problème ne date pas d’hier puisque, normalement, trois postes de médecins sont prévus au CHN, et ça fait déjà plus de six mois qu’ils ne sont que deux. « C’est le problème des emplois hautement qualifiés : personne ne veut venir travailler ici, tente d’expliquer le directeur adjoint. Et encore, nous pouvons nous estimer heureux car, finalement, il y a pas mal de médecins à Poindimié. » Avec deux généralistes en libéral et un au dispensaire, Poindimié possède effectivement une couverture médicale plutôt bonne. En tout cas bien meilleure que dans la plupart des autres communes de la province Nord. Les soins courants peuvent donc être assurés, mais « le véritable souci, c’est de n’avoir qu’un seul médecin pour les urgences », insiste Joachim Tutugoro.
« Nous sommes obligés de réduire la voilure pour éviter d’exposer et d’exploser nos équipes. »
En plus de ce problème, le CHN et certains autres dispensaires de la côte souffrent du manque de spécialistes. En temps normal, gynécologues, cardiologues et autres praticiens se déplacent de Nouméa, une à plusieurs fois par mois, pour assurer des vacations sur place. Mais depuis le début de l’année, les vols d’Air Calédonie n’ont cessé d’être annulés. Résultat : les médecins ne peuvent venir, ils perdent une journée de travail et les patients, qui arrivent parfois de loin, se retrouvent le bec dans l’eau. Certains spécialistes, excédés, refusent donc le déplacement.
Quant à ceux qui daignent encore travailler en Brousse, ils sont confrontés à un autre problème : celui des horaires. Depuis l’ouverture de l’hôtel Tiéti Tera, la compagnie a modifié les rotations pour s’adapter au tourisme. Sauf que, maintenant, ce n’est plus adapté aux médecins. En clair, il est impossible de faire l’aller-retour dans la journée, et d’assurer les consultations.
Inévitablement, cette situation finit par peser sur l’hôpital qui récupère les patients, parfois en urgence, quelques mois après. « Pour l’instant, on peut dire que le service est parfaitement assuré mais il ne faudrait pas que ça dure car le médecin va finir par s’épuiser », assure le directeur adjoint de l’hôpital. A priori, à partir de la semaine prochaine, un autre généraliste devrait arriver.
* Centre hospitalier du Nord.
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