Créé par arrêté le 7 janvier dernier, le Sivom VKP « Eau, déchets, assainissement » a commencé à fonctionner
le 1er juillet dernier avec l’arrivée de son directeur, Jean-Luc Mahé. La structure, qui compte quatre salariés, aura la lourde tâche de gérer la distribution d’eau, l’assainissement, la collecte et le traitement des déchets sur la zone directement impactée par l’usine du Nord.
Le développement économique a des avantages, mais aussi des inconvénients. C’est ce que vont découvrir les habitants de la zone Voh, Koné, Pouembout. Car, qui dit développement dit augmentation de population, des besoins en eau et du volume des déchets. Pour pallier les besoins des dix ans à venir, les élus de la zone ont créé le Sivom VKP « Eau, déchets, assainissements ».
Pour le président de la structure, Roby Courtot, « le plus dur sera de faire comprendre aux gens qu’ils doivent payer pour l’eau et les ordures ». Car aujourd’hui, personne n’est logé à la même enseigne. Certains payent des redevances pour l’un ou l’autre ou pour les deux. D’autres, notamment en tribu, ne règlent aucune redevance. Et puis, différences d’équipements obligent, les tarifs ne sont pas les mêmes dans les villages et dans les tribus. « Beaucoup de gens n’ont pas de compteur. Beaucoup d’autres vont eux-mêmes déposer leurs ordures au dépotoir. Dès la construction de l’ISD, cela ne sera plus possible. Nous allons prendre des arrêtés qui obligent les administrés à s’abonner. » Le maire de Pouembout milite pour minimiser le coût de cet abonnement, « pas plus de 10 000 F par an ». Idem pour le prix du mètre cube d’eau. « On est aujourd’hui à 40 F/m3. Je pense que jusqu’à 80 F/m3, cela resterait supportable économiquement. » Reste à faire passer la pilule auprès des administrés et à faire changer les mentalités…
« Le plus dur sera de faire comprendre aux gens qu’ils doivent payer pour l’eau et les ordures »
« Le développement induit des volumes d’argent très importants qui profitent à tout le monde. Les gens doivent comprendre qu’il y a une contrepartie financière à tout ça. » Concrètement, le Sivom reste l’organisme administratif qui gérera l’eau, l’assainissement et les déchets. C’est lui qui s’occupera par exemple de la fixation des tarifs, de la facturation et du recouvrement. Parallèlement, il va confier à deux sociétés délégataires de service public (une pour l’AEP et l’assainissement, une pour les déchets), la réalisation des différents réseaux et la construction ainsi que la gestion du futur ISD. Ce dernier est prévu sur la zone de Kataviti, à Koné. Il desservira les trois communes de VKP, mais aussi celle de Poya.
Les élus souhaiteraient un commencement des travaux pour le début de l’année 2009, mais étant donné l’appel d’offres infructueux, les délais risquent de s’allonger quelque peu. « Nous allons passer un marché négocié avec toutes les entreprises qui ont répondu, explique Roby Courtot. Et dès que l’ISD sera fonctionnel, nous fermerons et réhabiliterons les quatre dépotoirs actuels via des financements provinciaux. » Tout ça ne se fera pas en un jour. Mais en embauchant les quatre salariés - un directeur, un directeur adjoint et deux secrétaires itinérantes chargées de porter la bonne parole -, les élus ont fait un premier pas important au vu des quelque 6,5 milliards de francs (dont 1,5 milliard pour le seul ISD) nécessaires à la réalisation de tous les programmes.
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