| Ce qu’en disent les radios |
Les stations soupçonnées d’appartenance politique sont celles qui perçoivent des subventions des collectivités locales. Mais celles-ci se défendent d’être à la solde d’un parti.
Alors que les politiques font comme si c’était naturel, les directeurs d’antenne de RRB, Djiido et Radio Océane se défendent d’être liés à une tendance précise.
« Nous sommes engagés pour la Calédonie dans la France, pas militants, distingue Elisabeth Nouar, directrice de RRB. Tout le monde a droit à la parole, nous sommes une radio généraliste. Ceux qui disent le contraire voudraient davantage la parole que leur représentativité ne le justifie. (…) Ce sont eux qui politisent les choses. »
« Djiido n’est pas la radio du FLNKS, selon Thierry Kameremoin, directeur de la station. C’est plutôt la radio du projet indépendantiste. »
Quant à Radio Océane, elle a organisé une conférence de presse pour affirmer son caractère apolitique, par la voix du maire de Dumbéa, Georges Naturel.
Ce qui favorise le soupçon, ce sont les subventions qu’elles perçoivent des mairies, des provinces ou du Congrès. « Elles nous permettent de payer notre redevance à l’OPT [pour les relais hertziens, NDLR], c’est tout, poursuit Elisabeth Nouar. Il n’y a rien de tabou. Nous ne sommes pas pieds et poings liés. »
Sur la question de l’ouverture des fréquences, seule RRB se déclare clairement contre, à cause d’un marché publicitaire « trop limité ». « Nous émettons sur tout le territoire, or la manne se trouve à Nouméa. D’autres radios nous obligeraient à réduire notre diffusion. Le faux pluralisme tuerait le pluralisme. »
Le Conseil économique et social parle pourtant d’un gisement publicitaire global de 3 milliards, dont les radios ne grappillent que 10 %. « Et puis, souligne Philippe Michel, Mayotte a 16 stations, avec un gisement comme celui de Païta. » La Réunion compte 43 radios, la Polynésie française 34 et la Martinique 37, comme la Guadeloupe.
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