A Nouméa, on ne va pas au boulot à vélo. Manque de pistes cyclables, habitudes d’automobilistes bien ancrées, les cyclistes n’y trouvent pas leur place. Pour changer ça, l’argument fatal pourrait être la lutte contre les embouteillages.
Nouméa, ce n’est pas Amsterdam. Ni même Auckland, plus près de nous. Contrairement à ces deux villes, la capitale calédonienne ne propose pas aux cyclistes une place privilégiée, loin de là.
« Il n’y a pas beaucoup de cyclistes, car il n’y a pas assez de pistes cyclables », admet Sébastien Masson, chef de la subdivision études, circulation, transports. Mieux : si les bords de mer sont bien équipés, pour le loisir, les tronçons cyclables à l’intérieur de la ville, pour les déplacements interurbains, ne sont « pas reliés entre eux, et pas reliés aux centres d’activités, que sont Ducos et le centre-ville ». Par le biais de manifestations comme Tous à vélo, le comité régional de cyclisme tente bien d’insuffler un nouvel élan. Mais les bonnes intentions ne font pas le poids face au manque d’équipement, même si, sur ce point-là, « un effort a été fait, il y a une prise de conscience des élus », dixit Gérard Salaün, président du comité. Un « plan cyclable » a été mis en place en 2007. Des projets mais aucun calendrier. L’idée est d’avoir, à terme 81 kilomètres de voies cyclables. On en est encore loin : Nouméa en compte aujourd’hui quinze (11 en bord de mer, 4 en interurbain). Comme le note Sébastien Masson, si l’on veut arriver à l’objectif en dix ans, cela suppose de construire six kilomètres de voies cyclables par an. Compliqué.
Car, qui dit construire de nouveaux éléments dit aussi jongler avec ceux existants comme des poteaux ou des places de stationnement. Ainsi, comment construire une bande cyclable au Faubourg-Blanchot, alors qu’« on manque de place » ? Il y a des choix à faire avec, comme toujours, son lot de mécontents.
Mais la multiplication des pistes dans la ville ne rendrait pas les rues soudainement bondées de travailleurs-cyclistes. D’abord, le dénivelé peut dissuader. Autre contrainte : aux pistes doivent s’ajouter des arceaux, pour attacher son vélo, voire des douches au sein même de l’entreprise.
Surtout, les mœurs doivent évoluer : abandonner le tout-voiture, privilégier les « déplacements doux ». « Il faut réaménager les voies, estime Gérard Salaün, et en parallèle, changer les mentalités. » Et c’est justement l’embou-teillage progressif mais certain de la ville qui pourrait pousser tout le monde à changer de fonctionnement.
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