Les voiturettes sont devenues, depuis quelques années, un véritable phénomène de mode pour lycéens gâtés et une sécurité pour parents inquiets.
On ne les arrête plus. Les voiturettes ne roulent pas vite mais elles font de plus en plus d’adeptes. Le marché calédonien et surtout nouméen, comme le marché métropolitain, est en pleine croissance. Mais sur le territoire, contrairement à la métropole où elles sont encore destinées à une population âgée et rurale, elles s’implantent en ville et ont conquis le cœur des jeunes. Il n’y a qu’à voir les parkings des lycées pour se rendre compte du phénomène. Des files entières de voiturettes qui ont souvent l’allure des petites citadines. Quatre places, deux places, coupés, châssis sport ou modèle « de plage », il y en a pour tous les goûts. Les parents peuvent donc faire plaisir à leurs enfants mais ce qu’ils cherchent, à la base, c’est une alternative au dangereux scooter dans une île où parfois le casque n’arrive pas au niveau du pare-chocs de certains 4 X 4.
« Les deux-roues restent la hantise des parents, explique Jean-Luc Chaillou-Didelot d’Equip Auto, un des deux distributeurs de Ligier, la seule marque importée. En Métropole, les voiturettes ont toujours cartonné chez les papys/mamies, chez les personnes qui se font retirer le permis et, dans les grandes villes, chez les cadres qui ne veulent pas prendre les transports en commun ou qui ont subi des échecs répétés à l’examen. Ici au début, on ne savait pas si ça marcherait ». Il y a cinq ans, au Salon de l’automobile de Paris, il rencontre le constructeur français et tente un coup de poker en faisant le pari de la sécurité et de la tranquillité des parents. Un nouveau marché qu’il exploite un an plus tard et, aujourd‘hui, les affaires semblent plutôt bien marcher : « On en a vendu entre 0 et 1 000 (rires) ». Pourtant ces voiturettes aux allures de jouets très tendance sont très onéreuses. « Il faut compter entre 1,2 million et 1,6 million de francs, précise l’importateur. C’est le budget d’une troisième voiture pour les parents. Certains d’ailleurs les utilisent ».
« C’est un vrai sentiment de liberté »
Même si elles sont encore aujourd’hui appelées voiture sans permis, cette idée est totalement fausse. Sur le territoire, comme en Métropole, il faut passer un examen pour pouvoir prétendre les conduire. « C’est une formidable opportunité, un bel apprentissage. Au début, les jeunes n’osent pas trop aller sur la route, en ville, mais ils doivent prendre la place d’une voiture normale. Il faut qu’ils s’imposent, raconte Jean-Luc Chaillou-Didelot. Les jeunes se responsabilisent très tôt et les parents trouvent qu’ils gagnent en maturité. Ils jouent aux grands. Ils entretiennent leur voiture et assimilent très tôt les responsabilités qui vont avec ». Certains jeunes viennent même de Tontouta tous les jours pour aller à l’école, d’autres du Grand Nouméa. Ceux appelés quadricycles lourds, réservés aux plus de 16 ans, peuvent aller jusqu’à 80 km/h et sont donc autorisés à emprunter la voie rapide. « Au début c’est un peu impressionnant dans la circulation avec tous les pick-up, mais c’est vraiment pratique surtout quand il pleut. Je peux emmener des amis et des bagages ce qui est impossible avec un deux-roues, explique Pierre, 16 ans, de Nouméa. C’est un vrai sentiment de liberté, rien à voir avec la conduite accompagnée, mais je suis conscient d’être un privilégié, j’ai de la chance ».
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