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  Nouvelle-Calédonie > Sciences et techniques - 17/09/2008    
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C’est parti pour la campagne Vanikoro 2008
La campagne de fouilles Lapérouse 2008 a été lancée hier à 11h30 par le ministre de la Défense, Hervé Morin, à bord du bâtiment de transport léger Dumont d’Urville. Le navire a appareillé à 14h30 de la base Chaleix à destination des Îles Salomon où va se dérouler la dernière opération du genre, à moins que...

À bord du Dumont d’Urville, le ministre de la Défense a repris, hier, les propos de l’amiral Battet, en charge de la mission interministérielle Lapérouse 2008, lequel avait dit que ce serait la dernière campagne de fouilles car l’encadrement devenait trop vieux : « A priori, il y a une capacité de relève », a relevé Hervé Morin. Voilà qui laisse donc entrevoir l’opportunité de, peut-être, poursuivre la mission entreprise et de reprendre le mot de Louis XVI, quelque temps avant de monter sur l’échafaud, : « A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ? »
L’amiral Battet et le contre-amiral Bellec ont rappelé que de nombreuses missions de recherche avaient eu lieu depuis celle conduite par d’Entrecasteaux en 1791 et celle de Dumont d’Urville, qui reconnut en 1828 l’île de Vanikoro comme lieu probable du naufrage peu après l’aventurier britannique Peter Dillon. Il y eut, notamment, en juin 1962, celle menée par Reece Discombe, un plongeur néo-zélandais habitant Port Vila, qui avait découvert des vestiges des navires. Accompagné de Pierre Anthonioz, alors gouverneur français aux Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu), il avait remonté différentes pièces à la surface. Revenu en 1964 avec l’amiral Brossard de la Marine nationale, il avait trouvé avec les plongeurs du bord beaucoup d’objets aujourd’hui exposés au musée d’Albi.

« C’est une belle mission pour la marine nationale »

Puis le site était un peu tombé dans l’oubli, jusqu’à ce qu’une équipe de passionnés regroupés sous le nom d’Association Salomon soit créée dans le but de lever le mystère sur la disparition des marins de l’expédition Lapérouse.  S’adressant à ce propos au président fondateur de l’association, Alain Conan, qui se trouvait à ses côtés, le ministre a relaté leur rencontre à Paris : « J’ai le souvenir de la passion qui vous anime. Soutenir des hommes qui mettent autant de passion dans leur action est pour moi un honneur. » Puis le ministre a expliqué que Lapérouse aurait pu changer la face de l’Europe et du monde car il avait refusé un certain Bonaparte, candidat à l’embarquement, alors que celui-ci n’était qu’un officier inconnu. « À travers cette décision, la France a pu transmettre ses valeurs à l’ensemble de l’Europe. »
Le ministre a conclu en s’adressant aux participants de la campagne 2008 : « J’espère que vous tracerez la voie pour des missions futures. C’est une belle mission pour la Marine nationale. Il appartiendra aux amiraux qui sont la clé de cette opération de continuer ce qu’ont fait leurs prédécesseurs », ceci dans une « démarche non commerciale mais bien historique ».

  Les six précédentes campagnes 
L’association Salomon a conduit six campagnes de fouilles depuis sa création en 1981. Ces campagnes ont eu lieu en 1981 (sortie d’une centaine de pièces archéologiques) et en 1986 (plusieurs centaines de pièces et identification des deux épaves de La Boussole et de l’Astrolabe. En 1990, une partie des recherches s’est passée à terre pour tenter de retrouver le campement des rescapés des équipages. D’autres objets ont encore été trouvés. L’année 1999 a été celle du début de la médiatisation avec le magazine télévisé Thalassa. Elle a été aussi celle de la découverte à terre par Christophe Galipaud, archéologue à l’Institut de recherche pour le développement (à Nouméa), de vestiges d’un camp des survivants. En 2003 a été découvert le squelette du personnage surnommé « l’homme de Vanikoro » dont les recherches d’identification se poursuivent. En 2005, enfin, la découverte majeure a été celle d’un sextant signé Mercier figurant dans l’inventaire de Lapérouse, indiquant que le navigateur aurait sombré sur le site de la faille à bord de La Boussole.


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