Retour à la Une du jour
samedi 4 juillet 2009  

 recherche avancée
Nos archives



LoisirsNos dossiersVie pratiqueAlbums photosNos servicesNos contacts Nouvelle-CalédonieNouméaGrand NouméaProvincesSportsPacifiqueArchivesFil RSS de l'édition du jour


  Nouvelle-Calédonie > Energie - 20/09/2008    
Retour à la page précédente - Cet article a été consulté 1315 fois
La Calédonie va au charbon
Trois centrales au charbon sortiront de terre d’ici cinq ans et produiront 60 % de l’électricité calédonienne en 2015. La politique énergétique est tracée, à l’initiative des industries du nickel. Un paradoxe, au moment où les énergies renouvelables sont dans tous les discours. Mais pas une surprise : dès 2005, nos élus avaient préparé le terrain en refusant le protocole de Kyoto.

La mode est planétaire, il faut s’y faire. Le charbon redevient sexy pour les industriels et les États, après les décennies triomphantes de l’« or noir », le fuel, désormais trop cher pour produire de l’électricité.
Chez nous, la même transition s’amorce, et ce sont les industriels qui ont pris l’initiative. Dans cinq ans, la production électrique due au charbon atteindra les 580 mégawatts/heure (MWh), contre zéro, actuellement. À titre de comparaison, la centrale au fuel de Doniambo produit 160 MWh, contre 60 MWh pour le barrage de Yaté, et seulement 25 MWh pour les éoliennes.
L’arrivée du charbon va se faire progressivement, mais sûrement. Prony Énergies est en marche, avec ses 2x50 mégawatts/heure (MWh) produits grâce la technique du « charbon pulvérisé ». Le minerai est broyé, mélangé à de l’air réchauffé puis injecté dans la chambre de combustion. Plein régime prévu fin 2009.
Deuxième sur la liste : la nouvelle centrale de Doniambo, dont l’enquête publique est en cours, jusqu’à vendredi (lire notre édition d’hier). Elle commencera à produire en 2012 (2x70 MWh), et tournera à plein régime en 2014 (210 MWh en tout, soit 50 MWh de plus qu’actuellement).
Techniquement, Doniambo a choisi le « lit fluidisé circulant ». Le charbon est mélangé à du calcaire et à du sable. L’avantage est qu’une fois chauffée, la mixture peut être brûlée deux fois, ce qui augmente la rentabilité de chaque tonne de charbon. Avec le même procédé, mais à une échéance plus lointaine, la centrale du Koniambo arrive, elle aussi. Plus puissante, avec ses 270 MWh, elle ne reversera rien dans le réseau public. Mais le ministre de l’Energie, Gérald Cortot, ne désespère pas de l’y « adosser », « pour avoir un meilleur back-up ». En clair : pour donner une réserve solide au pays, au cas où d’autres sources d’énergies viendraient à manquer.

Doniambo, Prony et Koniambo représentent 5,5 millions de tonnes de Co2 rejetées dans l’air, chaque année

Car si les chiffres du charbon impressionnent, la majorité de l’énergie produite ne sortira pas des usines de nickel. Prony Energies est une exception, avec 50 MW sur 100 reversés dans le réseau public (Enercal a participé au financement de la centrale). À Nouméa, « Doniambo usine » consommera au moins 80 % de la production de « Doniambo centrale ».
Quand les trois usines tourneront, elles auront besoin de 505 MWh disponibles en permanence. Les particuliers et les autres entreprises, elles, réclament entre 35 MWh (périodes creuses) et 115 MWh (pendant les heures de pointe, en été).
Pour satisfaire ces besoins, le gouvernement entend développer les énergies renouvelables (éolienne, solaire, hydraulique) à hauteur de 100 MW d’ici 2015. Elles représenteraient alors 12,5 % de l’électricité totale produite dans le pays. Le charbon, lui, atteindrait les 63 %.
Face au tout-charbon, la question de la pollution se pose. Certes, les impératifs économiques ont guidé les industriels, et le gouvernement n’a pu que suivre la cadence. Mis à part Prony Energies, les centrales seront payées et utilisées par les usines elles-mêmes.
Mais le constat est là, implacable : Doniambo, Prony et Koniambo représentent 5,5 millions de tonnes de Co2 rejetées dans l’air, chaque année. Soit 22 kg par habitant du pays, ce qui nous placerait
loin devant les Américains (20 kg/habitant).
« Faut-il refuser le développement économique et social ? », s’interroge Gérald Cortot. « Fallait-il privilégier la métallurgie ? » répondent les associations écologistes, EPLP en tête. « Un choix a été fait, celui de l’industrialisation », concluait Maurice Verne, chef de projet SLN, jeudi soir pendant la réunion publique sur la future centrale.

  580 
mégawatts par heure. Ce sera la production électrique due au charbon dans cinq ans.
  Qui rejettera quoi ? 
Doniambo
1 100 tonnes de So2 par an (contre 20 000  aujourd’hui).
1 200 tonnes de NoX par an (2 400 aujourd’hui).
1 720 000 tonnes de Co2 (1,2 million aujourd’hui).

Prony Energies
3 500 tonnes de So2 par an.
2 300 tonnes de NoX par an.
950 000 tonnes de Co2 par an.

Koniambo
2 000 tonnes de So2  par an.
2 000 tonnes de NoX par an.
2 900 000 tonnes de Co2 par an.
  Qui fait quoi ? 
- Le So2 : C’est le dioxyde de soufre, l’ingrédient de base des pluies acides, qui aggrave aussi les maladies pulmonaires et favorise l’asthme.

- Les NoX : Les oxydes d’azote forment les nuages brunâtres au-dessus des villes polluées. Effets : pluies acides, maladies respiratoires et effet de serre.

- Le Co2 : Le dioxyde de carbone est considéré comme le principal responsable du réchauffement climatique mondial.
Quand les trois usines de nickel tourneront, elles auront besoin de 505 MWh disponibles en permanence.

Sur le même sujet



Photothèque
Edition du 20/09/2008
 
Voir tous les articles








40 % des entreprises affirment ressentir les effets de la crise mondiale en Nouvelle-Calédonie. Partagez-vous ce sentiment ?

Oui  45%
Non  45%
Sans avis  10%
<juillet 2009>
lmmjvsd
293012345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
3456789
Depuis le 3 janvier 2008



Horoscope

Convertisseur de devises

Transport maritime

Nos contacts

Météo

Belep
Boulouparis
Bourail
Canala
Dumbéa
Farino
Hienghène
Houaïlou
Ile des Pins
Kaala-Gomen
Koné
Kouaoua
Koumac
La Foa
Lifou
Maré
Moindou
Mont-Dore
Nouméa
Ouvéa
Ouégoa
Païta
Poindimié
Ponérihouen
Pouébo
Pouembout
Poum
Poya
Sarraméa
Thio
Touho
Voh
Yaté

 

Je m'abonne aux Nouvelles Calédoniennes

Le blog de Zoé est en ligne
Imprimer l'article  Retour en haut de la page
Copyright © Les Nouvelles Calédoniennes 2009 - Tous droits réservés - Mentions légales