Après trois échecs successifs, la quatrième participation a été la bonne pour Olivier Grammaire. Le coureur de l’équipe Panach One - GBNC a remporté samedi après-midi le 38e Tour de Nouvelle-Calédonie Air France, laissant la dernière étape à Alexis Merle.
La victoire de Grammaire ne faisant plus de doute pour personne depuis l’arrivée à la tribu d’Atéou, perchée dans la Chaîne, restait à décerner le dernier bouquet, le plus beau aussi avec cette arrivée sur l’avenue de la Victoire, « digne des arrivées du Tour de France ou du Tour d’Italie », dixit Jean-Marie Leblanc, qui parle en connaissance de cause puisqu’il a été longtemps le patron du Tour de France.
On a senti, dès le départ, donné devant la mairie du Mont-Dore à Boulari, que les candidats à la victoire de cette ultime étape étaient légion. Certains étaient si impatients d’en découdre qu’ils ont démarré comme des dératés. Mais toutes les premières offensives étaient étouffées dans l’œuf par un peloton qui veillait au grain et qui n’a accordé à personne le ticket de sortie.
Il a fallu à treize hommes (chiffre fatidique ou porte-bonheur ?) unir leurs efforts pour parvenir enfin à surprendre la vigilance du peloton. Dans ce groupe, le coureur le mieux placé au général était Lilian Pommier, douzième à 9 minutes 39 de Grammaire. Voilà qui expliquait cette mansuétude du peloton qui n’a cependant laissé que peu de liberté de manœuvre aux échappés.
D’autant que se profilait déjà le col de Plum, classé en troisième catégorie avec ses 110 mètres, et escaladé pour la première fois. Au sommet, les hommes de tête avaient perdu un peu de leur superbe et beaucoup de leur avance. Sur la route du bord de mer, tout rentrait dans l’ordre. Ce qui n’a pas eu pour effet de calmer l’ardeur belliqueuse de certains.
Mais une nouvelle fois, le col de Plum venait calmer les plus excités. Tout en haut, Olivier Grammaire se permettait même de sprinter pour marquer les points du classement de la montagne. Dans la descente, huit hommes se retrouvaient en compagnie du maillot jaune autour duquel il semblaient monter une garde prétorienne. Entourant Grammaire, il y avait Médéric Clain, Alexis Merle, Joseph Lemoine, Franck Bigaud, Luca Albasini, Kevin Harrault, le seul Calédonien du groupe, Justin Kerr, le vainqueur de la veille à La Foa et Gaétan Guernion.
Une arrivée digne du Tour de France ou du Tour d’Italie
Avec Bigaud, Clain et Merle, l’équipe du VCC Mont-Dore Air France Cargo était représentée en force au sein de cette échappée. On a vu alors les équipes Spot et Bike New Zealand rouler très fort en tête du peloton pour tenter de réduire l’écart qui s’élevait à 45 secondes au rond-point de l’avenue Bonaparte, à l’entrée de Rivière-Salée. L’allure était un peu trop rapide pour Harrault qui se faisait décrocher. À deux kilomètres du but, on a vu Franck Bigaud se dégager en force. La veille à l’arrivée à La Foa où il avait été battu au sprint par le Néo-Zélandais Justin Kerr, Bigaud avait promis qu’il allait « s’énerver un peu plus demain (samedi) lors de la dernière étape ». Et il a tenu parole avec cette violente attaque. Sentant le bon coup à jouer, Merle a « giclé de l’arrière », selon sa propre expression, pour venir prêter main-forte à son équipier.
Sur la ligne, Merle a voulu laisser gagner Bigaud pour le consoler de ses déboires. Mais celui-ci n’a rien voulu entendre. Merle est ainsi devenu le dernier vainqueur d’étape de ce Tour de Calédonie 2008. Il était temps que les deux hommes arrivent puisque le peloton a fini par avaler tout le monde, à l’exception de Guernion, troisième.
Mais il y avait belle lurette que Grammaire avait déjà gagné le Tour. Après sa prise du pouvoir à Paimboas en détrônant Julien Fourrier, il n’a eu de cesse de le consolider, grappillant patiemment des secondes. De 1 minute 42 au départ, son avance est finalement de 2 minutes 13 à la fin du Tour. Il a tiré profit de sa bonne performance dans le contre-la-montre Gamaï - Gomen où il a réussi à prendre du temps à tout le monde, sauf à Eric Drower. Grâce à cette deuxième victoire d’étape, après celle du prologue, le Kiwi allait s’installer définitivement à la deuxième place et devenir le digne dauphin de Grammaire.
|
Sur le même sujet |
|
|
 |
Dans la même rubrique |
|
|
 |
A la une |
|
|
 |
|