| Des poissons morts sur le lac de Yaté |
Des black-bass ont été retrouvés flottants et agonisants à la surface du lac de Yaté, en septembre. Les services officiels, prévenus trop tard pour une intervention, écartent a priori l’idée d’une pollution.
Aux environs de la mi-septembre, par deux fois à une semaine d’intervalle, des pêcheurs de black-bass du lac de Yaté ont repéré des poissons agonisants à la surface. Selon les témoignages recueillis par une association de pêche sportive, il s’agissait de poissons adultes, d’une trentaine de centimètres, et « dodus », ce qui écarte l’hypothèse d’un manque d’alimentation. La zone concernée s’étendait en gros du « Menhir » à l’île Ronde, et le nombre des poissons morts serait d’une centaine, peut-être plus puisque les pêcheurs ne fréquentent pas le lac tous les jours. C’était d’ailleurs la fin de la période d’ouverture, la pêche ayant légalement fermé le 1er octobre pour trois mois.
Dans un premier temps, l’association a pensé à une mortalité provoquée par une méthode de pêche interdite, style dynamite. Mais la dispersion des poissons mourants sur une aussi vaste surface rend l’hypothèse fragile ; tout comme le niveau du lac, normal après des pluies abondantes, et sans chaleurs particulières, semble exclure une mortalité par asphyxie. Restait donc l’option d’une pollution.
L’association de pêche a donc saisi la Direction de l’environnement de la province Sud (Denv), pour l’alerter, l’aviser qu’elle tenait à sa disposition deux black-bass congelés, et demander des analyses. La Denv ne disposant pas elle-même de moyens d’investigation a fait remonter l’information à la Davar, la direction de la Nouvelle-Calédonie chargée des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales.
De tels phénomènes de mortalité limitée et occasionnelle arrivent de temps à autre sans raison apparente
Mais à la Davar, on fait valoir qu’il était trop tard pour déclencher une procédure, et qu’il est impossible d’identifier une éventuelle source de pollution lorsque l’alerte n’est pas donnée le jour même. Des analyses seraient certes possibles sur les poissons morts, mais elles sont difficiles et surtout coûteuses quand on ne sait pas dans quelle direction il faut chercher. Les crédits disponibles à cet égard sont donc plutôt réservés aux opérations qui concernent la santé humaine.
La Denv et la Davar font aussi valoir que le personnel du parc de la Rivière bleue, familier de l’écosystème du lac, n’a pas fait remonter d’informations sur des mortalités massives, et a même souligné que de tels phénomènes de mortalité limitée et occasionnelle arrivaient de temps à autre sans raison apparente. Enfin, l’amont du lac vient de faire, dans le cadre de l’instauration d’un périmètre de protection lié à un captage d’eau potable pour Goro Nickel, d’une étude qui montre qu’il s‘agit d’un secteur protégé et préservé.
Reste des poissons morts, sans explication apparente. Reste aussi une association de pêche qui aurait souhaité qu’on la tienne informée des suites de sa démarche.
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