En cours de tournage jusqu’à la semaine prochaine, le court-métrage Vermines, de la jeune réalisatrice calédonienne Manuella Ginestre, est le premier à être produit par une société de production locale, Néo productions.
Un thriller psychologique à la sauce calédonienne sera bientôt dans la « boîte ». Une histoire sombre comme les aime la jeune réalisatrice de 31 ans, Manuella Ginestre, une figure montante du pays. « J’ai été victime d’un accident de voiture et j’ai passé 24 heures aux urgences à ne pas pouvoir dormir, alors, pendant ce temps, j’ai imaginé le scénario de Vermines. Depuis deux ans l’histoire que je me suis racontée a beaucoup évolué », explique celle qui a déjà reçu de nombreux prix au festival de La Foa. Le synopsis de Vermines est alléchant. Alex, le personnage principal interprété par Daniel Biheauro, perd brutalement sa femme et l’enfant qu’elle porte dans un accident de voiture. II sombre alors dans une dévotion morbide aux insectes qui, étrangement, sont très présents autour de lui. Un jour, Alex reconnaît Jeff, joué par Dominique Jean, l’homme qui s’est enfui après avoir provoqué l’accident. L’univers d’Alex va alors servir sa vengeance, il lui permettra d’étudier plus particulièrement la vermine qu‘est Jeff à ses yeux. Une histoire de vengeance filmée par Jacques-Olivier Trompas.
Pour réaliser ce court-métrage d’environ 25 minutes, l’équipe a prévu neuf jours de tournage à travers six sites du Grand Nouméa. C’est grâce au bureau d’accueil de tournages, organisme de la province Sud, qui propose un service gratuit de préparation, de conseil et d’assistance technique et logistique que l’équipe est très bien accueillie partout où elle passe. De la scène de cauchemar dans une chambre du foyer Reznick à l’accident à Dumbéa en passant par la chapelle du CHT Gaston-Bourret, cette équipe entièrement professionnelle ne chôme pas. Elle enchaîne les plans même si, à les voir travailler, il est difficile de comprendre le déroulement d’un tournage, et c’est tant mieux car c’est aussi ça la magie du cinéma.
« C’est un réel plaisir et surtout un confort de ne travailler qu’avec des professionnels. Désormais je ne gère que les acteurs. »
« C’est un réel plaisir et surtout un confort de ne travailler qu’avec des professionnels, explique Manuella. En amateur, il fallait s’occuper de tout. Désormais, je ne gère que les acteurs. » Après deux ans de travail sur le scénario, puis quatre mois de préparation pour le tournage, la meilleure partie est enfin arrivée, même s’il faut encore chercher des financements. « J’ai eu la pression avant le tournage et pendant, mais en revisionnant les premières scènes, le soir, je me suis rassurée. »
Le « scénar » a plu, notamment à la société locale Néo productions. Elle qui généralement ne produit que des documentaires a, pour la première fois, décidé de se lancer dans une fiction. « C’est notre premier soutien à une production indépendante. L’histoire nous a plu, la réalisatrice aussi (rires). Sérieusement, le scénario évolue bien et l’ambiance de tournage est très bonne, précise Dalia Cordeiro, la productrice. Mais on sait déjà qu’il va y avoir beaucoup de boulot post-production pour les effets spéciaux et l’incrustation des insectes en 3D ainsi que pour le mixage du son. Nous comptons sur une sortie pour février 2009 ». Impossible d’en savoir plus, il faudra donc encore attendre pour découvrir Vermines car pour le moment : « Silence, ça tourne ».
|
Sur le même sujet |
|
|
 |
A la une |
|
|
 |
|