| Le statut des pompiers dans les tuyaux |
Disparu dans les tiroirs de l’administration depuis deux mois, le statut des pompiers professionnels est réapparu, mardi, au gouvernement. Il reste à le faire adopter au Congrès, où les pressions seront nombreuses.
Finalement, Harold Martin a tranché. Le maire de Païta et président du gouvernement l’avait promis : le statut des pompiers professionnels, planifié depuis 2006, va bientôt exister. Rappelons que ce document constituera la colonne vertébrale de la sécurité civile calédonienne, appelée à être transférée en 2009. Il définira notamment l’accès aux grades et la grille de salaires.
En étant présenté aux membres du gouvernement, mardi, le précieux document a passé une haie supplémentaire dans la course d’obstacles qui mène au Congrès. Une belle prouesse, compte tenu des rebondissements qui ont émaillé sa courte existence. Étonnamment, il se présente dans sa version de janvier 2008, qui avait été rabotée… avant de renaître de ses cendres.
La promotion de certains salariés (les plus anciens) de la catégorie D vers la catégorie C avait posé problème. Souvent, les pompiers concernés prenaient des responsabilités supérieures à leur grade et le rattrapage devait régulariser la situation, sans avoir recours à une embauche extérieure.
Le dialogue social, plutôt productif jusqu’alors, a été remplacé par le bon vieux rapport de forces
Tout le monde s’était mis d’accord sur ce point, après deux ans de négociation entre syndicats et employeurs (les associations de maires). Mais, une fois le document paraphé, l’Association française des maires (1) avait repris sa signature. Elle traduisait ainsi le mécontentement d’une partie des officiers de Nouméa opposés aux promotions. C’est à ce stade que le dialogue social, plutôt productif jusqu’alors, a été remplacé par le bon vieux rapport de forces.
Grâce à un revirement syndical de dernière minute, le texte a été rédigé une seconde fois, sans les mesures contestées. Logiquement, il aurait dû être présenté au gouvernement en avril, sous cette forme.
Mais la grogne de l’Union des sapeurs-pompiers et de la Cogetra a poussé Harold Martin à sortir le texte du circuit réglementaire ordinaire. Deux mois plus tard, le revoilà. Avec les mesures initiales.
Paradoxe : le fruit du dialogue social a survécu grâce à une intervention unilatérale du président du gouvernement, qui avait donné sa « parole ».
Mais il reste un obstacle : le Congrès, où les opposants aux mesures transitoires feront entendre leur voix.
(1) AFM, qui rassemble des élus de sensibilité non indépendantiste, comme les maires du Grand Nouméa.
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