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  Nouvelle-Calédonie > Société - 11/10/2008    
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Les derniers sinistrés de l’Ave Maria bientôt relogés
La plupart des familles wallisiennes et futuniennes chassées de Saint-Louis et de l’Ave Maria entre 2001 et 2003 sont désormais soit relogées de façon durable et conforme au mode de vie océanien, soit en passe de l’être dans quelques mois.

Une petite maison au lotissement des Jacarandas à Dumbéa, un terrain respectable prolongé d’un talus déjà planté de bananiers. C’est là, hier matin, que Sonia Lagarde, vice-présidente de la province Sud, a remis symboliquement les clés à la mère d’une famille de neuf enfants. Un peu plus tard, c’est à Kaméré (Nouméa) que la même cérémonie se répétait, chez Mme  Felikesa. Peu à peu, les sinistrés de l’Ave Maria retrouvent des logements dignes de ce nom, et ont vocation à en devenir propriétaires.
Les sinistrés de la Mission de Saint-Louis et de l’Ave Maria? Ce sont ces familles wallisiennes et futuniennes qui vivaient, pour certaines depuis quarante ans, sur les hauteurs de Saint-Louis au Mont-Dore, et en ont été chassées par la tribu mélanésienne voisine, après deux ans de guérilla et d’exactions qui ont fait deux morts, de nombreux blessés, des dizaines de maisons incendiées et de bétail abattu.
Fin 2003, les derniers Wallisiens quittaient leurs maisons, parfois leur maison natale, souvent en les incendiant pour ne pas les offrir à leurs adversaires. Ils n’ont trouvé dans un premier temps que des relogements de fortune. Ou des hébergements familiaux. Plus de 1 000 personnes ont été ainsi « déplacées et déracinées ».

A la province Sud, un service a entièrement été dédié à ce dossier pendant plusieurs années

Le sort de ces « sinistrés » s’est trouvé entre les mains de l’État, de la province Sud, et surtout de deux associations qui ont milité pendant des années pour obtenir à la fois une indemnisation et un relogement.
Le processus n’est pas terminé, mais il est actuellement en bonne voie d’avancement. Côté indemnisation, c’est l’État qui a fourni l’essentiel de l’effort. Il dédommage les préjudices corporels physiques, les troubles psychologiques et psychiatriques sur présentation d’une expertise médicale, l’aggravation de maladie quand une expertise médicale démontre le lien de cause à effet, le préjudice immobilier d’après l’estimation réalisée par la Secal, les frais de relogement, la perte de salaire, le préjudice commercial, sur la base de pièces justificatives. Il ne prend pas en compte le préjudice moral.
La plupart des indemnisations concernent les habitations et des cultures vivrières. Florus Nestar, le sous-préfet de la province Sud sur le départ, s’est particulièrement impliqué dans cette affaire qui traînait avant son arrivée.
Pour le relogement, c’est la province Sud qui a consenti le plus gros de l’effort. Environ un milliard de francs. Et un service entièrement dédié à ce dossier pendant plusieurs années. Actuellement, 64 familles ont accédé à la propriété, 77 sont en cours d’accession, 34 restent en attente d’un projet concret.

Ph.F. et F.T.

 

  Michèle Felikesa : « Ça valait le coup d’attendre » 
« J’ai quitté l’Ave Maria dès les premières agressions en décembre 2001. Nous avons voulu mettre nos quatre enfants à l’abri et je suis allée vivre chez mon père à Magenta. Au bout d’un an, nous avons obtenu un logement en location à Kaméré, et nous y sommes restés jusqu’à aujourd’hui. Ça valait le coup d’attendre puisque maintenant, nous avons une maison en accession à la propriété. Certes, c’est à nous de poser les carrelages et de finir les plafonds. Mais c’est un toit. »
Presque sept ans après, Michèle se sent à nouveau chez elle. Le paysage est moins paradisiaque qu’à Saint-Louis, mais il y a ce lopin de terre indispensable au bien-être des Océaniens. Michèle, qui est femme de ménage à mi-temps, et son mari qui est au chômage à la suite d’un problème de santé, vont devoir payer 5 000 F par mois jusqu’en 2010, puis 35 000 F pendant les vingt ans suivants.
Dans quelques mois, pratiquement tous les sinistrés de l’Ave Maria devraient disposer d’un logement à l’océanienne, c’est-à-dire une petite maison dans un jardin. Comme sur notre photo Michèle Felikesa.

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