| Le grand large pour les obus |
Le sort des obus qui encombrent le fond du quai des Volontaires devrait être réglé assez rapidement. Les pièces d’artillerie devraient être déplacées en haute mer. Reste à savoir qui, de l’armée ou de la sécurité civile, se chargera de ce chantier.
Le champ d’obus qui parsème le fond du quai des Volontaires ne devrait bientôt plus être qu’un (mauvais) souvenir.
Au début du mois de septembre, l’entrepreneur chargé du dragage de la zone, en prévision de l’accueil du futur Betico 2 (*), avait dû interrompre son chantier.
L’une de ces pièces d’artillerie était passée sans problème dans le circuit d’aspiration de la dragueuse, avant que les plongeurs de la Marine ne découvrent un véritable arsenal sous-marin.
A quelque trois mètres de fond, ils avaient repéré trois tas d’obus de 40 mm de type Beaufort. Des pièces sans ogive, qui avaient sans doute atterri là à la faveur d’une mauvaise manœuvre de transbordement, lorsque les Américains avaient fait de Nouméa leur quartier général pour le Pacifique sud.
Pour se débarrasser de cet encombrant paysage sous-marin, qui ne présente cependant aucun risque a priori, une expertise a été menée par l’armée, qui a envisagé deux options. Les propositions ont été transmises au haussariat puis à Paris, qui doit décider qui, de l’armée ou de la sécurité civile, va se charger d’opérer.
Immergés à l’extérieur du lagon
Le premier scénario consiste à évacuer les obus de l’eau puis de les neutraliser sur la terre ferme. Mais après une soixantaine d’années de séjour dans l’eau, le changement brutal de milieu pour ces pièces n’est jamais sans risque. C’est pour cette raison que la deuxième option, celle de « l’océanisation », semble plus indiquée, d’après les spécialistes. Elle a en tout cas les faveurs des services du haussariat. L’opération consiste à déplacer les obus dans des filets, sous l’eau, pour les tracter en mer. Dans un second temps, les obus seraient immergés à l’extérieur du lagon, sur un fond suffisamment profond pour être inaccessible à l’homme.
Les obus auraient alors pour uniques voisins les poissons, et ne présenteraient plus aucun risque. Ce type d’opération, qui sera effectué par des plongeurs spécialistes venant de Métropole, a d’ailleurs déjà été mené en 2004.
(*) Il doit être livré dans le courant du mois d’octobre.
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