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  Provinces > Province Nord > Poindimié - 10/11/2008    
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Tous les articles du journal du 10/11/2008

Au nom des peuples
Le rideau est tombé sur le festival des peuples ânûû-rû âboro. Être une île, un film sur les lépreux de Sorokdo, et Bil’in mon amour, l’histoire d’un village palestinien amputé par la spéculation immobilière israélienne, ont été plébiscités.

Pour Jean-Louis Comolli, le président du festival ânûû-rû âboro, « nous sommes entrés dans un nouvel âge du cinéma ». Ni plus, ni moins. Un âge « où les peuples, partout dans le monde, ont la possibilité de réaliser des films » et « où le cinéma permet de se confronter à l’autre tel qu’il se voit et non comme je le vois ». Une chose est sûre, le film documentaire a trouvé sa place en province Nord. Il est même en train, selon Sylvie Hmeun, la vice-présidente de l’association ânûû-rû âboro, de « prendre racine, de s’ancrer ». De fait, le public n’a pas boudé son plaisir. Aussi bien à la médiathèque du Nord, « avec un taux de remplissage nettement supérieur à celui de l’an passé », selon Jean-François Corral, la cheville ouvrière de l’organisation, que dans les tribus. « On a notamment eu cinq cents personnes venues d’un peu partout à Wagap, le 5 novembre, pour « Wanakat Kanak », un film de Thérèse Waia encore jamais diffusé. Des gens venus seuls l’an dernier, sont revenus à plusieurs. » Beaucoup de monde donc, mais aussi beaucoup de moments forts, d’émotion et de communion entre les spectateurs et les réalisateurs présents. « Nous avons la chance d’avoir des invités à l’image de leurs films, devait résumer Jean-François Corral. Simples, fraternels et chaleureux. »

« Passer par le film documentaire permet aux peuples de se montrer tels qu’ils veulent être vus »

Mais rien de tout cela ne serait suffisant sans des œuvres uniques, « des films qui donnent la parole aux gens et qu’on ne voit nulle part ailleurs parce qu’ils ne sont pas formatés pour les moyens de diffusion habituels ». La sélection de cette année était d’ailleurs tellement riche que le jury a eu du mal à faire un choix. Il a finalement opté pour ceux qui faisaient l’apologie « de la paix, de la justice et de la dignité » et décerné, à l’unanimité, le grand prix du festival à Eun Hee Ihm, l’auteur de Être une île, un documentaire qui relate la vie des malades de la lèpre sur l’île coréenne de Sorokdo. Au moment de conclure, Déwé Gorodey, la vice-présidente du gouvernement, parlera de « semaine de partage et d’échanges » et d’un « festival sur les laissés pour compte du monde entier qui ont perdu leur clan, leur famille, leur terre, leur âme, mais qui résistent » avant de laisser le mot de la fin à Paul Néaoutyine, le président de la province Nord. « Quand on nous montre, on ne se reconnaît pas forcément, ni dans les images, ni dans ce qui est dit. Passer par le film documentaire permet aux peuples de se montrer tels qu’ils veulent être vus. »

  Repères 
Grand bonhomme
Un homme a marqué la réussite de cette seconde édition. Même s’il est trop discret pour se mettre en avant, Désiré Menrempon a réalisé un travail considérable. Pour sélectionner les films en compétition, mais aussi et surtout pour les sous-titrer. « Il a passé des mois à ça dont pas mal de nuits », souligne Jean-François Corral qui insiste au passage sur « le travail collectif qui a permis au festival d’exister ».

Réseau
La CPS travaille actuellement sur la création d’un réseau de distributeurs et de réalisateurs des pays insulaires du Pacifique. Avec pour objectif de faciliter la diffusion des films réalisés.

Marina
« Le prix du festival est attribué à… Marina ! » Le président du jury a déclenché l’hilarité générale, hier, lors de la proclamation des résultats. Mais il n’était pourtant pas très loin de la vérité. Tout au long du festival, les projections prévues en fin d’après-midi ont toutes pris une heure de retard à cause de la télénovela.
À Pouembout, vendredi, Pierre Boccanfuso, le réalisateur de Le chamane, son neveu et le capitaine, a cru jusqu’au bout que le public arriverait une fois la série terminée. En vain. Il semble que celui-ci n’ait pas été prévenu assez tôt du changement de lieu de diffusion.

Budget
Si les organisateurs n’ont pas encore fait les comptes définitifs, ils évaluent le budget global du festival à vingt millions de francs. Un budget dont les plus gros postes sont le transport et l’hébergement des invités et qui n’est pas si conséquent que cela quand on sait que l’accès aux projections était gratuit.
La médiathèque du Nord a affiché complet tout au long de la semaine.
Eun Hee Ihm a reçu le prix du festival pour son film Être une île.

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