Exercice obligatoire avant d’examiner le prochain projet de budget communal, le débat d’orientation budgétaire s’est tenu hier sur fond de crise économique. Avec, aussi en ligne de mire, le démarrage de l’usine du Sud.
Par le roi nickel, tout arrive, le salut comme la chute. Les orientations budgétaires pour le prochain exercice, présentées et débattues hier en conseil municipal, mêlent les deux perspectives : la chute en 2009, le salut en 2010.
Pour le pire, le Mont-Dore reprend les prédictions pessimistes du Rassemblement : l’année à venir sera difficile sur le front économique. Certes, la municipalité annonce une nouvelle fois « un budget de continuité » qui s’appuierait « sur une logique de développement durable que la ville souhaite promouvoir pour les années futures ». Mais cette fois, prévient-t-elle, il sera « marqué par des capacités financières réduites ».
Bernard Deladrière, adjoint en charge des finances communales, enfonce le clou. « Les orientations budgétaires sont déjà le reflet de la crise financière et économique mondiale. […] Depuis un peu plus d’un an, les cours du nickel sont brutalement tombés. […] Il est prévu pour l’année prochaine une forte diminution des recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie et, ipso facto, une diminution des recettes de toutes les collectivités […]. »
« On constate pour la première année une diminution en valeur absolue de nos recettes [de fonctionnement] »
La ville s’attend donc à une baisse de ses rentrées d’argent. « On constate pour la première année une diminution en valeur absolue de nos recettes [de fonctionnement], a précisé Thierry Santa, son secrétaire général, puisqu’elles évolueraient de 2, 99 milliards en 2008 à 2, 7 milliards en 2009. […] Ça correspond clairement au réajustement du FIP [Fonds intercommunal de péréquation] que nous avions perçu cette année et que nous n’espérons pas, hélas, l’année prochaine. » Résultat : la stagnation programmée des dépenses de fonctionnement et une évolution défavorable de tous les ratios financiers, notamment du taux d’épargne.
Mais pour le meilleur, le Mont-Dore place ses espoirs dans un certain projet qui se prépare sur ses terres : « Il est envisagé une amélioration de la situation en 2010 grâce à la mise en service de l’usine de Goro Nickel. Le code territorial des impôts prévoit l’application de centimes additionnels communaux sur la patente et la contribution foncière à la charge de la société dès la première année d’exploitation. Par contre, on a beaucoup de mal à obtenir aujourd’hui des chiffres précis sur les recettes potentielles », modère Thierry Santa.
Yves Magnier, conseiller Rassemblement délégué à ce dossier, émet un bémol plus technique : le début de la première année d’exploitation ne sera acté qu’à partir d’une certaine production sur une certaine durée.
Inquiétude balayée par Eric Gay puisque le maire place ses espoirs, le cas échéant, dans les projets développés via la fondation mise en place par l’industriel : « Quelle que soit la forme des recettes pour la commune […], on percevra, je l’espère, une embellie en 2010 sur les projets que nous présenterons au sein de cette structure. » Et d’évoquer un premier aperçu : la maison pédagogique financée dans sa quasi-totalité par Goro Nickel.
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