Non indépendantiste, ouvert au dialogue, opposé au référendum, pour la cohésion sociale et contre le racisme : c’est le credo de « Calédonie ensemble », le nouveau parti de la tendance Gomès. Bâti sur les valeurs de l’Avenir ensemble « version 2004 », il a été porté sur les fonts baptismaux samedi au Kuendu Beach, lors d’un congrès de la « renaissance » qui a réuni quelque 3 000 personnes selon ses organisateurs.
Ce sera donc « Calédonie ensemble » pour une Calédonie nouvelle, proclamait la banderole dévoilée en toute fin de meeting. Rien de bien novateur. C’est encore un petit air d’Avenir ensemble, un parti « jamais fini cassé », a plaisanté Roland Manea. Pas le même nom mais le même programme, adossé à la Charte de 2004 dont le nouveau mouvement revendique l’héritage et les valeurs.
Philippe Michel a ouvert le temps des discours en disant pourquoi, Philippe Gomès l’a refermé en disant comment. Entre les deux, pendant deux heures, une vingtaine d’orateurs se sont succédé à la tribune pour balayer l’éventail de la politique menée et de l’œuvre accomplie ces dernières années.
Pourquoi un nouveau mouvement ? Parce que l’Avenir ensemble est devenu « l’otage politique » du Rassemblement, ce qui ne lui permet plus de mettre en œuvre les 75 propositions de 2004, a répété Philippe Michel. Il était donc temps de « tourner la page des divisions, des erreurs, de la déception et de l’amertume » pour écrire « celle de la poursuite de notre projet et de la construction de l’avenir du pays. »
Cette renaissance, a-t-il ajouté, passait par un nouveau mouvement politique, « outil indispensable » de structuration avant les provinciales, qui posent deux enjeux majeurs. Un, poursuivre la construction d’une société « plus juste, plus solidaire et plus équilibrée. » Deux, faire de l’Accord de Nouméa un succès, parce que c’est sur son bilan que s’ouvriront les négociations quand il sera temps d’en sortir. « Que le bilan soit bon suscitera l’envie de poursuivre dans la voie du consensus, a souligné le bras droit de Philippe Gomès. Qu’il soit négatif, et ce sera le retour à la case départ. »
« Il n’y a que nous, a poursuivi Philippe Michel, qui pouvons apporter ces garanties pour l’avenir. Pas le RPCR, qui continue de mentir, d’exciter et de provoquer. Pas le FLNKS, qui répond déjà à la provocation. Et pas l’Avenir ensemble avec ses amis du FN, qui se présente avec un « écoprogramme » et une « écomajorité ». »
« La véritable indépendance en 2008, c’est de soigner sa population, de donner du travail à ses jeunes »
Comment ? « Calédonie ensemble », a expliqué Philippe Gomès, sera « d’abord un mouvement non indépendantiste. » « La véritable indépendance en 2008, a-t-il dit, c’est d’abord de soigner sa population, d’éduquer ses enfants, de donner du travail à ses jeunes, et c’est pour celle-là que nous nous battons. » « Calédonie ensemble » sera aussi, a-t-il ajouté, un mouvement qui « veut le dialogue avec tous », et notamment avec les indépendantistes qui ne sont « pas des ennemis mais des Calédoniens qui n’ont pas les mêmes opinions politiques que nous. » Il ne suffira pas, a-t-il dit, d’un référendum en 2014 pour les écarter. « C’est ce que veut nous imposer le RPCR, et nous ne suivrons pas ces fous qui veulent mettre le feu au pays. Si on est plus fort, on doit d’abord être plus intelligent. Là où ils cultivent l’affrontement, nous on veut fédérer et bâtir la paix. »
« Calédonie ensemble », a poursuivi Philippe Gomès, sera le parti de « la cohésion sociale, du respect et de la solidarité, à ne pas confondre avec l’assistanat destructeur. » Ce sera enfin un parti engagé « contre le racisme », d’où qu’il vienne, parce que ceux qui « flattent la différence creusent le tombeau de notre pays. » À ce « risque extrême » Philippe Gomès a opposé une idée. Celle de construire avec « Calédonie ensemble » « une petite nation au sein de la nation française. »
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