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  Nouvelle-Calédonie > Justice - 14/10/2008    
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Un policier condamné pour arrestation abusive
Le policier municipal qui avait voulu régler ses comptes avec un responsable syndical en l’arrêtant en plein restaurant pour « ivresse publique manifeste » a été condamné à 150 000  francs d’amende et 100 000  francs de dommages et intérêts.

Finalement, le policier municipal qui voulait jouer les « Texas Rangers » ne s’en tire pas trop mal. 150 000  francs d’amende correctionnelle, plus 100 000  francs de dommages et intérêts, plus 150 000  francs de frais de justice pour une arrestation arbitraire. Il y a deux mois, lors de l’audience, le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis.
L’affaire ? Beaucoup de gens s’en souviennent. Elle remonte au 3 mai 2006. À l’époque, la police municipale de Nouméa est gangrenée par une guerre intestine où syndicats et petits clans s’affrontent dans un joyeux imbroglio. Un directeur vient d’être nommé pour faire le grand ménage. Il a ses partisans, ses adversaires, et fera finalement long feu.
C’est dans ce contexte que Christian Condoya, secrétaire général du Soenc, se fait alpaguer par un groupe de gros bras alors qu’il déjeune tranquillement dans un snack de la Vallée-du-Tir. On le fait souffler dans un ballon, il a bu, on l’embarque pour « ivresse publique manifeste ».

Depuis mai 2006 où le policier cow-boy a voulu ruer dans les brancards, il goûte aux joies du placard

À la tête de la patrouille, un agent qui a décidé « de se faire Condoya ». L’affaire tient juridiquement d’autant moins debout que, s’il n’est sans doute pas en état de prendre le volant, Christian Condoya est à deux pas de la maison des syndicats, qu’il ne provoque aucun trouble à l’ordre public, et que c’est fourchette à la main qu’il se fait embarquer. La police nationale ne s’y trompe pas. Peu après avoir réceptionné le responsable syndical, elle le libère, bien embarrassée (la police municipale remet toujours à la police nationale les personnes qu’elle interpelle, elle n’a pas le droit de conduire elle-même une procédure, une garde à vue ou même un simple placement en cellule de dégrisement).
À l’audience d’août dernier, le policier cow-boy a passé un sale quart d’heure. Attaqué tant par le président du tribunal que par le procureur. Il s’en sort avec un peu de casse financière, et beaucoup de casse professionnelle. Car depuis ce mois de mai 2006 où il a voulu ruer dans les brancards, il goûte aux joies du placard.




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Edition du 15/10/2008
 
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