| Ouégoa retient son souffle |
Après la mort tragique de Cédric Tuia, le week-end dernier, à Ouégoa, le village se contient, entre les appels au calme et la recrudescence des patrouilles de gendarmes. Mais toutes les prochaines manifestations publiques ont été mises en « stand-by ».
Plus de regroupements le soir, plus d’ampoules sur les terrains de pétanque et les prochaines manifestations festives annulées. A Ouégoa, après la mort tragique de Cédric Tuia, le week-end dernier, abattu d’un coup de fusil après une altercation impliquant plusieurs intervenants, un calme relatif semble revenu. Même si, d’après un habitant de la commune, cette vie suspendue dissimule mal une certaine tension entre les deux principales familles du village. La victime et le meurtrier présumé, Stephen Leroy, appartenaient à chacune d’elle. Deux familles qui semblent se vouer des rancœurs tenaces depuis des années et qui, depuis le drame, livrent chacune leur version des faits. Qui ne sont, bien entendu, pas tout à fait les mêmes.
Les renforts de gendarmes mobiles, quotidiens depuis le week-end dernier, et les mots d’ordre lancés par les chefs de famille contiennent pour l’instant les sentiments très diffus qui animent les membres de ces deux principales familles. « Du côté de la famille de la victime, on sent de la tristesse ou de la haine sur les visages, explique toujours cet habitant de Ouégoa. Mais de part et d’autre, on perçoit tout autant du désarroi que de l’étonnement. Dans chaque famille, les personnes les plus raisonnables ont appelé à ne plus sortir le soir. Mais c’est tendu. »
En attendant le week-end du patrimoine…
Autre conséquence du drame, qui s’est déroulé en fin de nuit sur le terrain de pétanque du village : à la demande des riverains les plus proches, le maire a fait retirer l’éclairage public. Ce terrain sert pourtant de point de rencontre et concentre l’essentiel des occupations des habitants . « C’est aussi pour éviter le grand n’importe quoi qui règne depuis plusieurs mois, les dérapages ou la musique à fond », explique le maire, Marcel Paimbou-Poumoine, qui indique réfléchir à des mesures plus restrictives, comme l’interdiction de vente d’alcool, par exemple. « Mais il faut d’abord que les commerçants soient consultés tout comme les représentants politiques et coutumiers afin qu’un consensus se dégage », indique le premier édile. Il doit par ailleurs rencontrer prochainement des gendarmes afin d’évoquer ces éventuelles mesures d’ordre public.
Dernier dommage collatéral du drame : les prochaines manifestations festives de la commune ont été mises en « stand-by », comme le concours de pétanque prévu le 8 novembre prochain au camping d’Amos ou le bingo de l’école. Le week-end du patrimoine, sur le thème de l’eau, est cependant maintenu. Une manifestation touristique, qui proposera aux visiteurs des randonnées en forêt ou sur le Diahot. Assurément un grand bol d’air salutaire pour la commune.
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