| Reconstitution sous (très) haute surveillance |
Un impressionnant déploiement de gendarmes est mobilisé depuis ce matin dans la vallée de la Ouakaya, à Houaïlou, où la reconstitution de la mort de Serge Boehe, tué d’un coup de carabine en janvier dernier, doit avoir lieu.
Depuis la fin de la nuit, ils sont positionnés dans les coins et recoins de la vallée de la Ouakaya. Mais aussi sur les crêtes et hauteurs, bref sur tous les points stratégiques d’observation. Les hommes du GPM (groupe des pelotons mobiles), ces gendarmes spécialisés dans les interventions délicates, rompus aux opérations à risques, sont disséminés dans la nature, afin de dissuader toute velléité d’intrusion ou d’intervention extérieure aux alentours d’une piste de la vallée.
Dans un secteur où la tension entre les clans Poukiou et Euribéari est latente, la justice a voulu à tout prix éviter que les tensions ne se ravivent à l’occasion d’un acte nécessaire à la conduite d’un dossier judiciaire. Car c’est aujourd’hui que le juge d’instruction Jean-Pierre Vidallier doit procéder à la reconstitution de la mort de Serge Boehe, qui appartenait au clan Euribéari.
Le 10 janvier dernier, le corps sans vie de ce jeune homme de 18 ans avait été retrouvé sur une piste secondaire de la vallée de la Ouakaya. A ses côtés reposait un fusil de chasse. Ce n’était pas celui qui avait causé la mort. Dans les jours suivants, les gendarmes avaient d’abord entendu plusieurs témoins, avant d’interpeller l’auteur présumé du coup de feu mortel, Marcelin Poukiou.
Objectif numéro un : protéger le suspect et éviter toute tension
Ce dernier avait reconnu les faits en indiquant que le tir était uniquement destiné à se défendre. Selon lui, il gardait une maison inoccupée du secteur appartenant à son clan, lorsqu’un petit groupe du clan opposé se serait approché. Toujours d’après sa version, des échanges de tirs auraient eu lieu entre les deux groupes. L’un d’eux aurait mortellement blessé la victime, Serge Boehe.
C’est donc pour éviter tout nouveau regain de tension à l’occasion de cette reconstitution que les gendarmes du GPM ont été mobilisés en masse. Une présence dissuasive autant que destinée à protéger l’intégrité physique du principal suspect d’un éventuel tireur embusqué, par exemple. Un suspect numéro un qui devra rejouer les gestes de janvier dernier, en compagnie des autres acteurs de ce drame.
Depuis plusieurs dizaines d’années, des querelles foncières minent les relations entre les deux clans Poukiou et Euribéari dans une partie de la vallée de la Ouakaya, située sur la commune de Houaïlou. Des épisodes de violence émaillent régulièrement la vie de la vallée : fusillades, incendies de cases ou abattage de bétail, quand les membres de chaque clan ne sont pas blessés après des tirs de fusil.
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