À cause d’une grève à Météo France, la plupart des vols vers les Loyauté ont été annulés, hier. Excédés, une centaine de passagers ont décidé d’occuper l’aérodrome de Magenta. Celui de Lifou a également été investi.
Comme une rangée de dominos, les conséquences de la grève nationale de Météo France ont fini par retomber sur les 880 voyageurs d’Aircal qui voulaient prendre l’avion, hier, à Nouméa, Lifou, Ouvéa, Maré et l’île des Pins.
Au départ, il y a un mouvement lancé lundi depuis la Métropole, contre la fermeture de plus de la moitié des centres départementaux de Météo France. Aucune conséquence, a priori, en Nouvelle-Calédonie. Chez nous, le mot d’ordre a tout de même été suivi par « une dizaine de personnes [réparties] sur deux postes », selon le directeur adjoint de Météo France en Nouvelle-Calédonie, Sébastien Chêne. En principe, pas de problème : le « service minimum » est de mise, dans ces cas-là, et des bulletins sont publiés. Mais pas les commandes sur mesure que consomme Aircal.
En principe, toujours pas de problème. D’un point de vue strictement réglementaire, les bulletins ordinaires suffisent pour décoller et atterrir. Mais « le plafond nuageux est bas, et nous n’avons pas d’ILS », précise Heidi Novak, en charge de la communication au sein de la compagnie.
L’instrument landing system (ILS) est un équipement électronique qui donne au pilote l’angle de descente par rapport à la piste. Utile, en cas de « plafond nuageux [et] bas ».
« On est partis une semaine à Poum, maintenant on aimerait rentrer chez nous »
Du coup, les commandants de bord ont choisi de ne pas prendre de risque. Seuls deux vols à 13 heures et 15 heures (Magenta-île des Pins et Maré-Magenta) ont été effectués, dans la tranche horaire du « service public » (de 13 heures à 15 heures).
« Et nous, on fait quoi ? », s’énerve André Passa, qui devait joindre Lifou en matinée. Avec une centaine de passagers à destination des trois îles, il a décidé de « rester dormir là, jusqu’à demain matin [aujourd’hui, NDLR] ».
« On est partis une semaine à Poum, maintenant on aimerait rentrer chez nous », renchérit Christiane, présidente de l’Association des femmes de Iaii. « La semaine dernière, ils ont fait ça à nos enfants [le 7 octobre, la grève de la fonction publique avait annulé quasiment tous les vols, NDLR], maintenant c’est nous. » « Qu’ils nous donnent à manger, au moins », implore une maman de Maré. Sauf que « la grève n’est pas de notre fait, donc nous sommes coincés : il n’y aura pas de remboursement et pas de repas », indique la compagnie. Hier soir, toutefois, une fournée de pizzas a été commandée par Aircal, et des bouteilles d’eau ont été données. En parallèle, une expulsion par les forces de l’ordre était à l’étude, pour des « raisons de sécurité », sans être déclenchée à l’heure où nous mettions sous presse.
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