| Plus de cigarettes dans quelques jours |
En grève depuis quinze jours, la régie des tabacs ne fournit plus les grossistes. Résultat : hier, il n’y avait presque plus de cigarettes chez les buralistes. Avant la fin de la semaine, ce sera la pénurie complète.
Depuis ce week-end, il est impossible, pour les fumeurs, de trouver leur marque de tabac favorite. Les blagues à rouler ont toutes été vendues, ne restent que les feuilles. Et les cigarettes qui se vendent le moins bien en temps normal : Fine mentholées, Gauloises brunes ou Gitanes.
Aucun bureau de tabac du Grand Nouméa ne propose autre chose. « Il nous reste un tout petit peu de Gauloises et c’est tout, se désole Éliane, vendeuse au tabac Week-End, au PK7 de Nouméa. Les gens deviennent agressifs, ils ne comprennent pas qu’on ne vende qu’un ou deux paquets à la fois, pour partager entre les clients. Il est temps que ça s’arrête.»
Même son de cloche au Moana Center, au Quartier-Latin ou encore à Dumbéa. « Les clients ont commencé par se reporter sur les mentholées, puis ils ont acheté des Gauloises, témoigne Mélissa, employée au tabac du Casino Mont-Dore. Maintenant, ils attaquent les cigares. »
Pour avoir un peu de choix, il faut se rendre dans le Nord. La station Total de Poindimié annonce « de quoi tenir la fin de la semaine », grâce à une livraison tardive de Marlboro. À Bourail, les pompes à essence proposent encore quelques cartouches de Royal, Chesterfield, en plus des brunes.
« Des gens ont appelé pour qu’on leur envoie des cartouches par les colporteurs »
Du côté de Gomen, « on a encore une ou deux cartouches de Fine », explique Jacqueline Pigeon, gérante de Total. Elle aussi sent que la fin (du stock) est proche, même si « ça a l’air pire à Nouméa ». « La semaine dernière, poursuit-elle, des gens ont appelé pour qu’on leur envoie des cartouches par les colporteurs. On va pas faire ça... »
Au niveau supérieur de la chaîne, les circuits s’assèchent aussi. Le grossiste Aldis est sur répondeur depuis une semaine. Chez Pacdis, faute d’activité, « cinq salariés sur huit sont en congés », annonce le gérant, Edouard Pentecost, qui insiste aussi sur les manques à gagner qui découlent de cette grève.
Malheureusement, le conflit ne semble pas sur le point de s’arrêter. Dans quelques jours, seuls les détenus du Camp-Est, ravitaillés exceptionnellement (lire notre édition d’hier) pourront s’en griller une.
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