L’ITR, c’est quoi ?
L’ITR est un système de sur-retraite qui existe depuis un décret de 1952 pour les fonctionnaires d’Etat (non hospitaliers) dans six collectivités : la Réunion et Mayotte (35 % de majoration), Saint-Pierre-et-Miquelon (40 %), la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna (75 %).
Des collèges fermés
Pour de nombreux collégiens, ce vendredi était synonyme d’école buissonière. A Boulari, Normandie, Koutio ou encore Magenta, les établissements avaient annoncé, la veille, que leurs portes resteraient fermées, faute d’un nombre suffisant d’enseignants et de surveillants. D’autres collèges, en revanche, comme celui de Portes-de-Fer, de Tadine et la plupart des établissements de Brousse, avaient prévu d’assurer un service minimum pour accueillir les élèves.
Loueckhote monte au créneau
Ardent défenseur de l’ITR, le sénateur a déposé plusieurs amendements destinés à repousser la réforme ou, du moins, à l’adoucir. Simon Loueckhote et Gaston Flosse souhaitent un report d’un an « sous réserve de la présentation d’une étude chiffrée et détaillée, mesurant l’impact de la réforme ». Ils demandent également un plafonnement des majorations à 10 000 euros par an pour la Réunion, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon, et à 18 000 euros (2,16 MF) pour la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna, alors qu’un plafond unique de 8000 euros (960 000 F) était prévu initialement. Enfin, ils souhaitent que la durée d’exercice minimum pour prétendre à l’ITR soit descendue à 10 ans, au lieu des 15 années prévues par le projet de loi.
Grogne à Tahiti
En Polynésie aussi, la réforme de l’ITR passe mal. Près de 3000 fonctionnaires d’Etat en grève ont manifesté, mercredi, à l’appel des syndicats polynésiens. Le soir même, des manifestants ont occupé, jusqu’à 3 heures du matin, toutes les issues de la résidence du haut-commissaire, Adolphe Colrat, l’empêchant de se rendre en Calédonie pour la visite d’Yves Jégo. Les syndicats polynésiens avaient annoncé qu’ils suspendraient leur grève si le secrétaire d’Etat s’engageait par courrier à leur accorder une entrevue le 20 novembre, à Paris. Ceci semble se confirmer, puisque Yves Jégo a déclaré hier aux syndicats calédoniens qu’ils les « invit(ait), jeudi, à Paris, avec les Polynésiens. »
L’Usoenc à contre-courant
Alors qu’il sortait d’une rencontre avec Yves Jégo, Didier Guénant-Jeanson, secrétaire général de l’Usoenc, a rappelé qu’il était favorable à une réforme de l’ITR. « Ce système date de l’époque coloniale. Il n’est plus adapté à la réalité », a indiqué le syndicaliste, en soulignant que les fonctionnaires hospitaliers ne bénéficiaient pas de cet avantage. Didier Guénant-Jeanson propose un système de retraites complémentaires, à l’aide de cotisations, pour remplacer l’ITR, et « appelle tous les autres syndicats à se regrouper pour négocier des choses qui correspondent à la Calédonie ».
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