| Dégâts économiques : le pire est-il à venir ? |
Les fonctionnaires risquent de ne pas toucher l’intégralité de leur salaire de novembre. Et les containers de jouets sont presque tous bloqués sur le port. Les fêtes de fin d’année s’annoncent mal.
Comment les fonctionnaires seront-ils payés ?
DTSI. Un sigle que personne ne connaissait et qui est en passe de devenir célèbre. La direction territoriale des services informatiques centralise une multitude de fonctions et de logiciels dont dépendent les collectivités, les autres directions territoriales, et d’une façon générale, la fonction publique.
Ils servent notamment d’interface pour toute la validation informatique des paies de l’ensemble des fonctionnaires et de tous les retraités de la fonction publique (État, territoire, provinces, communes). Les services sont différents, les budgets sont différents, les administrations et les payeurs également, mais le logiciel est le même pour 22 000 personnes, et il se trouve à la DTSI !
Conséquence, les salaires et les pensions de novembre ne seront pas versés normalement et intégralement le 25 du mois. En pratique, chaque service risque de devoir procéder plus ou moins manuellement à une paie de secours. Inconvénient, cette paie ne comprendrait que le salaire de base, mais aucun accessoire ni aucune prime (ce qui, pour certains agents reviendrait à un chèque divisé par deux).
Pire, le mois de référence utilisé pour cette opération étant celui de septembre, les agents recrutés en octobre pourraient théoriquement ne rien toucher du tout.
En revanche, les grévistes de la DTSI ont fait en sorte que les allocations de solidarité (familles, personnes handicapées) soient versées normalement.
Le gouvernement réfléchit très sérieusement à l’éventualité de réquisitionner certains agents de la DTSI. Mais il sera sans doute trop tard pour que chaque agent touche l’intégralité de sa paie mardi prochain. À l’approche des fêtes de fin d’année, c‘est de mauvais augure.
Les distributeurs tirent la langue
Autre conséquence de la grève de la DTSI. C’est ce service qui héberge et entretient le logiciel « Sydonia » utilisé par les douanes pour assurer le dédouanement des produits d’importation. Les douanes ne sont pas en grève, mais leur logiciel est en panne. Et seule la DTSI peut le réparer. Conséquence, les marchandises et les containers s’accumulent sur le port de Nouméa, le fret avion subit le même sort à Tontouta. Et de nombreux professionnels tirent la langue.
Pour limiter les dégâts et parer au plus pressé, des procédures de dédouanement manuel sont enclenchées pour les denrées périssables (produits congelés notamment) et pour les produits pharmaceutiques dont la pénurie entraînerait des problèmes de santé publique et des drames humains.
Mais le reste, le tout-venant, reste en attente. Des jouets de Noël commandés par plusieurs distributeurs, des voitures attendues par les concessionnaires, du matériel de travaux publics, etc. L’affaire tombe d’autant plus mal que le mois de novembre est le plus gros de l’année pour les douanes calédoniennes.
Certaines entreprises au ralenti
La pénurie de matières premières qui résultent d’un dédouanement fait au compte-gouttes commence à peser lourd sur l’activité de certaines entreprises. Manque de cellulose? Des usines sont obligées de ralentir leur production. Un container de plaques de plâtre resté en rade? Un entrepreneur du bâtiment est empêché de terminer un chantier, et son commanditaire le menace de pénalités de retard. Une société de fourniture de matériel bureautique a sept caisses en attente sur le port, des clients qui s’agacent, et un chiffre d’affaires qui plonge.
Les permis et les auto-écoles toujours pris en otages
La grève continue à la DITTT. Conséquence, aucun permis de conduire n’est délivré (ni restitué à ceux qui ont subi une suspension). Aucune voiture neuve n’est immatriculée et des incertitudes planent sur les rencontres sportives programmées au stade de Magenta (dont la sécurité est assurée par la direction des infrastructures).
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