Les travaux de rénovation de la maison Célières, vieille demeure de style colonial, touchent à leur fin après plusieurs années de déboires. La Maison du livre, qui associe tous les acteurs de la filière, occupera ces locaux.
«La Maison du livre devrait ouvrir début mars, on y croit cette fois », annonce, prudemment, Cyril Pigeau, chef du service culture et fêtes à la mairie. La maison Célières, c’est un peu l’Arlésienne de Nouméa. Initiés en 2006, les travaux de rénovation devaient durer un an (voir encadré). Ils devraient finalement être achevés en mars 2009. Pour ne pas prendre le risque d’une nouvelle annonce d’ouverture manquée, la ville se garde bien de donner une date précise et emploie le conditionnel. Pourtant, celle du 3 mars est avancée par un des acteurs clé de cette future structure, Frédéric Ohlen, écrivain et porteur du projet.
Quoi qu’il en soit, l’association Maison du livre est montée, ses statuts déposés et son budget en passe d’être voté. Cette fédération de métiers qui gravitent autour du livre pourrait disposer de 60 millions de francs, « à la louche », selon Frédéric Ohlen, pour le fonctionnement de la structure,
L’ouverture de la Maison du livre témoigne d’une volonté forte de promouvoir le livre calédonien : il ne s’agit pas d’une bibliothèque, d’un musée et c’est plus qu’un centre culturel. « Il s’agit d’une interface entre les métiers du livre - auteurs, éditeurs, relieurs, libraires, etc. - et le public », résume Frédéric Ohlen. « C’est un lieu de ressources qui va remplir de nombreuses missions essentielles, complète Cyril Pigeau. Accompagner et soutenir les jeunes auteurs, apporter de la documentation et des informations, développer la coopération professionnelle, aider à médiatiser certains événements et instruire des demandes d’aides auprès du Centre national du livre. »
« Une interface entre les métiers du livre - auteurs, éditeurs, relieurs, libraires, etc. - et le public »
Concrètement, les 334 m2 de la maison Célières devraient comprendre un petit espace muséographique, un secrétariat collectif pour la vingtaine d’associations impliquées, un accueil, un lieu d’expositions et de rencontres et, au rez-de-chaussée, un vaste espace pratique et pédagogique, avec des ateliers des métiers du livre, le but étant de valoriser les professions de la filière.
« Je suis très attentif à la nouvelle génération, que ce soit à travers ce projet ou en tant qu’éditeur », affirme Frédéric Ohlen. La Maison du livre va se tourner résolument vers les jeunes auteurs, en soutenant des mesures très concrètes. Par exemple, la fédération d’associations voudrait étendre aux écrivains le dispositif qui existe pour les étudiants, à savoir le prêt avantageux pour l’achat d’un ordinateur portable.
Nul doute que cette nouvelle structure va faire du bien à un secteur prolifique, le livre, dans lequel la Calédonie se distingue particulièrement. « Plus de 420 nouvelles références ont été recensées en l’espace d’une demi-douzaine d’années, rappelle Frédéric Ohlen. Quelle région de France pourrait se vanter d’une telle production? »
|
|
|
A la une |
|
|
 |
|