| « Ma vie avec un mort-vivant » |
| Deux jours d’audience et deux jours sans parler, ou si peu, de Jean-Marie Goyetta. Hier matin, avec le témoignage de Sarah d’Almeida, c’est bien du côté de l’accusé que l’émotion est venue. « Saint-Louis, la justice et la prison ont détruit mon couple et saccagé nos vies. », a expliqué celle qui partageait encore la vie de Laurent Vili, en 2002. D’une voix posée, monocorde, elle a raconté l’envol de sa moitié pour la Nouvelle-Calédonie « pour faire une surprise à sa mère, pour son anniversaire, mais aussi parce qu’il était mort d’inquiétude pour sa famille ». Puis elle a explosé. « Je suis restée cinq jours sans nouvelles de lui. Vous vous rendez compte ce que c’est, cinq jours, quand tout brûle ? » Elle a raconté dans le détail, comment, au retour de Laurent en métropole, tous deux étaient devenus des étrangers. Une jurée a essuyé une larme. Elle a décrit la déchéance « morale, mentale et physique » de Laurent, causée par son placement à l’isolement, au Camp Est, qui en était même venue jusqu’à « modifier l’odeur de sa peau ». Puis de sa vie avec un « mort-vivant », après sa libération. A ce moment-là, Dorine, la femme de Jean-Marie Goyetta, s’est levée et a quitté la salle. Elle, depuis janvier 2002, vit avec un mort.
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