Délégation réduite, juste pour afficher la cohésion minimum du FLNKS. Mais, pour le reste, l’Union calédonienne boude le comité des signataires, « grand-messe » qu’elle juge inutile et en tout cas mal venue alors que les problèmes ne sont pas réglés en Calédonie même.
Dans la délégation FLNKS partie au comité des signataires, l’Union calédonienne n’a mandaté que Gilbert Tyuienon et Damien Yeiwéné, derrière Roch Wamytan en chef de file, ce qui est déjà un signe de durcissement. Mais ni Néko Hnepeune, ni Pascal Naouna, vice-président de l’UC, ni enfin Charles Pidjot, président du plus vieux parti calédonien et double signataire des accords de Matignon et de Nouméa, ne seront de la rencontre. Et c’est bien sûr volontaire, a expliqué hier Charles Pidjot. Le message s’adresse au premier chef à l’État, mais aussi aux partenaires calédoniens de l’accord de Nouméa et aux partenaires de l’UC au sein du FLNKS.
L’État d’abord. L’Union calédonienne considère qu’il ne « joue pas son rôle », qu’il est sorti de sa fonction d’arbitre pour devenir acteur « au profit de ceux qui portent les couleurs de la République » et « abuse des leviers judiciaires contre la population ». À cet égard, l’UC fait référence à l’affaire de l’Ave Maria, en expliquant que ceux qui sont aujourd’hui poursuivis dans les deux camps ne sont que de « pauvres petits Kanak et Wallisiens » qui ont défendu leur patrimoine, alors que ceux qui ont dressé les communautés les unes contre les autres pour des raisons politiques ne sont pas jugés. Au-delà de cette charge contre l’État, l’Union calédonienne estime que le comité des signataires n’est au fond qu’une « grand-messe » qui fait chaque année les mêmes constats d’échec sur les mêmes retards de mise en œuvre de l’accord de Nouméa.
« J’invite Paul Néaoutyine à une rencontre, pour faire le point ensemble de ce qui ne va pas chez nous »
« Ça ne sert qu’à dire ce qu’on n’a pas fait et ce qu’on doit faire. On ne veut plus de ce type de rencontre qui donne seulement crédit à l’inaction », estime Charles Pidjot Pour l’UC, ce n’est pas à Paris mais ici même qu’il y a nécessité de se parler. « Notre intérêt, explique Charles Pidjot, est de nous retrouver entre nous et de dire ce qu’on peut porter ensemble en valorisant le pays, avec nos populations. » Des populations dont il faut être « plus à l’écoute », pour leur redonner « de l’espérance », estime le parti, en affirmant qu’il n’a « pas changé de cap », qu’il s’inscrit toujours « dans un processus d’émancipation » mais que les perspectives qu’il propose vont au-delà des « coups politiques » élaborés dans l’optique des provinciales.
Visiblement, l’UC ne sort pas non plus très satisfaite du congrès FLNKS de Koné. « C’était la chanson de Dalida : paroles, paroles, paroles », commente Charles Pidjot. « De manière très officielle, j’invite Paul Néaoutyine à une rencontre, pour faire le point ensemble de ce qui ne va pas chez nous, a annoncé le président de l’UC. Il faut qu’on arrête de se cacher. Nous sommes tous les deux signataires des accords Matignon et Nouméa, et nous devons avoir une discussion franche et saine qui nous permette de tirer ensemble les conséquences, de poser les véritables questions, de dire comment on corrige et comment on consolide le FLNKS pour donner du sens et du corps à l’accord de Nouméa. Je ne veux pas le rencontrer à Paris mais ici, et je dis aussi à l’ensemble des composantes politiques du pays que l’UC est prête à aller à leur rencontre. »
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