| Dengue de type 4, l’inquiétante propagation |
Les premiers cas ont été diagnostiqués à Koné et Pouembout. À présent, une douzaine de communes sont touchées. Or la dengue de type 4 n’a plus sévi en Calédonie depuis 30 ans. La population n’a donc pas ou peu de défenses immunitaires contre cette variante du virus.

Douze communes touchées. Elle a d’abord frappé il y a quelques semaines à Koné et à Pouembout. La dengue de type 4 s’est à présent répandue dans douze communes de Calédonie, dont celles du Grand Nouméa et fait peser une menace d’épidémie particulièrement forte sur l’ensemble du territoire. Geste inhabituel, le président du gouvernement, Harold Martin, et le haut-commissaire, Yves Dassonville, ont cosigné une lettre pour mettre en garde les maires calédoniens et leur rappeler leurs obligations pour contenir le fléau.
Pourquoi la dengue de type 4 est-elle plus inquiétante que ses cousines de type 1, 2 et 3 ? En soi, la maladie est la même. Les symptômes sont identiques et les risques de mortalité équivalents (environ un pour mille).
Mais voilà. La dernière épidémie de « dengue 4 » remonte à 1979. Pratiquement 30 ans. Autant dire que plus grand monde n’est immunisé en Calédonie contre cette variante. Le virus a donc un boulevard devant lui. Une des caractéristiques de la dengue est en effet que lorsqu’on l’a contractée une fois, on en est protégé pour très longtemps. Plus exactement, on est protégé contre la variante du virus (1, 2, 3 ou 4) par laquelle on a été contaminé, mais pas contre les autres.
Une personne infectée contamine les moustiques qui la piquent, lesquels vont inoculer le virus à d’autres victimes.
Et une des autres caractéristiques de cette maladie est que, lorsqu’on la contracte plusieurs fois dans sa vie, les symptômes se font de plus en plus graves.
Et comme le rappelle le médecin chef de la DASS, il n’existe pas de remède contre la dengue. On lutte contre la fièvre (surtout pas avec de l’aspirine) et on attend que ça passe en essayant, dans les cas les plus graves, d’atténuer les formes hémorragiques.
Le seul vrai remède contre cette pathologie, c’est la prévention.
D’où l’importance qu’il y a à empêcher dans son environnement immédiat les larves de moustique de se développer.
D’où l’importance qu’il y a, en cas de fièvre, à consulter un médecin qui seul pourra diagnostiquer la maladie par une analyse de sang. La dengue doit être déclarée afin que les services d’hygiène aillent désinsectiser la maison ou le quartier du malade. La contagion ne se fait pas directement de personne à personne, comme avec la grippe. Une personne infectée contamine les moustiques qui la piquent, lesquels vont inoculer le virus à d’autres victimes.
En clair, plus il y a de moustiques, plus le risque de propagation est grand. Et l’on traverse une période chaude et humide, propice à la prolifération.
C’est là que les communes ont, elles aussi, un rôle clé à jouer. Elles seules peuvent procéder à des épandages dans les zones infestées. Elles seules peuvent intervenir là où un malade a été diagnostiqué. D’où la lettre de rappel adressée par le gouvernement et l’Etat. Hélas, il semble que malgré cette relance, malgré aussi le matériel de lutte expédié par les services de santé dans les communes les plus touchées, certains élus locaux dorment dans une béate irresponsabilité.
Ce qui pourrait se payer très cher car, s’il est possible de contenir la maladie tant qu’elle n’est pas généralisée, ça devient illusoire au-delà d’un certain stade.
Textes : Philippe Frédière et Coralie Cochin - Illustration : LNC
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