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  Provinces > Province Nord > Ouégoa - 10/01/2009    
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Bloqués par la pluie, gênés par l’amiante
Les travaux du col d’Amos n’ont pas fini de faire parler d’eux. Entre les intempéries qui ont saccagé une partie de la route en chantier et la présence d’amiante, l’unique voie d’accès entre Ouégoa et Pouébo n’est pas près d’être achevée.

Le col d’Amos est en travaux depuis presque deux ans et personne ne peut dire à l’heure actuelle quand la route sera terminée. Pour l’heure, les voitures roulent sur une pente abrupte, caillouteuse. Et même si le chemin est praticable, il n’en reste pas moins dangereux en cas de pluie.
Pour les touristes qui viennent découvrir la région, ce n’est pas l’idéal. Mais les plus ennuyés, ce sont certainement les gens de Pouébo qui sont obligés d’emprunter le col pour faire des courses à Koumac ou, par exemple, pour se rendre à l’hôpital. Depuis deux ans, ils n’ont pas d’autre choix que « d’affronter le col », même lorsqu’il pleut.
Et c’est justement la pluie qui est à l’origine du problème. « De grosses intempéries ont bloqué les travaux. Comme la route n’était pas terminée, ça a causé de gros dégâts », explique Alexandre Mapéri, le patron de la Direction de l’aménagement du Nord (Dan). Éboulements, inondations… Le résultat est déplorable et la Dan accuse le coup. « Il a d’abord fallu refaire les caniveaux, stocker ce qui s’était effondré et refaire la route. De toute façon, même si nous avions terminé les travaux, avec ce qui est tombé, nous aurions eu des problèmes », précise le directeur de la Dan.

« Il existe bien une législation pour travailler en présence d’amiante dans les bâtiments, mais pas pour les routes. »

D’autant qu’un autre souci de taille est venu s’ajouter aux intempéries. Il y a quelques années, une chercheuse soupçonnait la présence de fibres d’amiante dans le col. En juillet 2007, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) réalise des prélèvements : le résultat est positif. L’un des échantillons « prélevés dans la tranchée qui s’est effondrée au bas du col contient des fibres de trémolite », note le rapport. Il n’y a donc plus de doute.
Mais que faire ? Entre-temps, le chemin a été recouvert pas une couche non amiantifère et les ouvriers qui ont travaillé sur le chantier n’ont pas bénéficié de protection. « Le problème, c’est qu’on fait office de poissons-pilotes. Il existe bien une législation pour travailler en présence d’amiante dans les bâtiments, mais pas pour les routes », martèle le directeur de la Dan.
À défaut de loi, certaines entreprises de travaux publics appliquent tout de même le principe de précaution. Chez Colas, notamment, on assure être muni « d’appareils respiratoires permettant de travailler dans de telles conditions ».
Quant au col d’Amos, le problème est bien réel et il ne concerne pas uniquement les ouvriers. Quels risques prennent les automobilistes qui déplacent les poussières en roulant ? À l’heure actuelle, personne ne peut répondre. La seule façon de minimiser l’envol de poussière, c’est de coaltarer. « Nous attendons le résultat d’une étude géotechnique qui devrait conforter ce qui a déjà été fait. Ensuite, les travaux pourraient reprendre, j’espère en mai. »
D’ici là, il est conseillé de rouler doucement et de garder ses distances avec les autres véhicules.

  Repères 
380 millions
Avec les dégâts causés par les intempéries, le coût des travaux du col d’Amos est passé de 320 à 380 millions. Pour l’instant, tous les chantiers de revêtement et de végétalisation sont suspendus jusqu’à l’obtention des résultats d’une étude géotechnique.

La forte pente dans les normes
Certains s’inquiètent déjà de la pente « vertigineuse » du col d’Amos. « C’est la même pente qu’à Pombeï, sur la Koné-Tiwaka, assure Alexandre Mapéri, C’est impressionnant car elle n’est pas encore coaltarée. »

Recherche systématique d’amiante
Après avoir détecté la présence d’amiante au col d’Amos, la province Nord assure réaliser un « contrôle systématique pour savoir s’il y en a ou pas », avant chaque début de chantier de route. Le principe de précaution prévaut.



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