Le cru 2008 entre dans l’histoire économique. Le taux d’inflation, établi à 3,7 %, ne s’était pas vu « depuis le début des années 90 », d’après l’Isee.
Les étiquettes flambent. L’inflation en Nouvelle-Calédonie, en 2008, s’est établie à 3,7 %, selon les résultats de l’Institut de la statistique et des études économiques dévoilés hier. Lourd. Ce taux ne s’était pas vu « depuis le début des années 90 », précise l’Isee, se rappelant notamment un indice grimpé à 4 % en 1991.
La contribution, passée à la loupe, est significative : +1,3 % pour l’alimentaire, +1,2 % pour les services et autant pour les produits manufacturés. Cette répartition quasi parfaite fait bien état d’« une inflation généralisée et durable » l’an dernier, note l’établissement spécialisé. Hors tabac, la barre se cale à +3,5 %.
Le mois de décembre a connu un soubresaut, avec une évolution calculée à +0,7 %. Les prix de l’alimentation ont pris un coup de chaud, sous l’impulsion remarquable des tarifs intéressant les légumes (+9,2 %) et les fruits (+9 %). Selon un spécialiste, la tendance n’est pas exceptionnelle mais davantage saisonnière, la demande étant nettement supérieure à l’offre locale en cette période de l’année au climat peu propice à la production. Autre poste au pic majeur, les transports aériens internationaux : +10,6 %. Là encore, pas de miracle, décembre rime avec haute saison, tarifs élevés.
« La lutte contre la vie chère est une lutte de longue haleine. »
L’interrogation taraudant les Calédoniens ne fait pas de mystère : ce haut niveau de l’indice des prix à la consommation va-t-il gangrener 2009 ? Sur le plan international, l’inflation était soutenue jusqu’en septembre-octobre, sous l’effet de la flambée du pétrole ou du cours des matières premières. Ensuite, la crise financière a cassé la tendance, a généré un ralentissement économique favorable à une baisse des tarifs. Illustration, en France, selon l’Insee : l’indice a diminué de 0,5 % en novembre dernier, alors qu’il s’était accru de 1,6 % sur un an.
En clair, la Nouvelle-Calédonie accusant un décalage de trois à quatre mois lié à ses particularités économiques et à sa position géographique, « nous pouvons espérer que ce fléchissement interviendra en début d’année », note un expert. Et puis « la lutte contre la vie chère est une lutte de longue haleine », soulignait hier le président du gouvernement, Harold Martin, lors de la cérémonie des vœux devant la presse. « Il n’y a pas de baguette magique. » Les écoproduits ne suffiront pas...
Une nouvelle fois, tous les salaires n’ont pas progressé de 3,7 % en 2008. Le SMG, en revanche, a été revu trois fois, l’évolution étant automatique. Ce calcul produit, par ricochet, une compression des bas et moyens salaires qui sont indépendants de tout mécanisme. Inflation, pouvoir d’achat, contre crise mondiale et restrictions... Le débat sera, à coup sûr, animé cette année entre partenaires sociaux sur cette question sensible des rémunérations.
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