La décision s’est fait attendre et elle pourrait se voir opposer un appel. Mais hier, la Fédération calédonienne a enfin communiqué sur la sensible « affaire » Patrick Wajoka. Sur tapis vert, Kirikitr perd son titre au pofit de l’AS Magenta.
Ubuesque, ridicule et diablement alambiquée. Depuis une semaine, la Fédération calédonienne (FCF) est devenue la spécialiste de la non-communication, du non-dit et de la langue de bois. Hier, les médias ont reçu ce communiqué à la limite du ridicule : « Nous vous informons que les quatre clubs concernés ont bien reçu aujourd’hui les décisions prises par les différentes commissions fédérales. Nous vous invitons donc à prendre contact avec leur président pour plus d’informations ou avec M. Guy Bessières, président de la commission fédérale d’organisation des compétitions. »
Incapable de communiquer sous couvert de neutralité, la FCF laisse donc la responsabilité aux commissions de le faire. Contacté hier, Guy Bessières a ainsi confirmé que la commission fédérale d’organisation des compétitions avait bien suivi les recommandations de la commission juridique. « Dès mardi dernier, nous aurions pu communiquer notre décision de déclarer perdue chacune des rencontres disputées par Kirikitr lorsque Patrick Wajoka figurait sur la feuille de match. Je ne comprends pas pourquoi il aura fallu attendre une semaine pour nous faire porter la responsabilité de communiquer aux médias cette décision. »
La Fédération se retranche derrière une lettre recommandée avec accusé de réception censée justifier ce délai. Or, hier, Edmond Bowen, président de l’AS Magenta, n’avait toujours pas reçu le précieux courrier. Pire, ce courrier n’est selon lui pas nécessaire. « Kirikitr a dix jours à compter de la réception de cette lettre pour faire appel, affirme le dirigeant. Cela fera dix jours samedi 6 juin. Autant dire que Kirikitr subit les errements d’instances dirigeantes dépassées par les enjeux. »
« C’est un peu le pot de terre contre le pot de fer »
Pour autant, Edmond Bowen ne boude pas son plaisir : « Nous sommes vainqueurs sur tapis vert. La méthode n’est pas celle que j’espérais en début de saison mais le football, c’est à la fois le terrain et les affaires. Kirikitr était meilleur que nous sur le terrain, ils l’ont montré. Maintenant, nous sommes champions car nous avons respecté le règlement. » Pour autant, le président du club de Nouméa ne se leurre pas : « Le trophée, on peut le donner à Kirikitr, qui l’a mérité. Nous, nous voulons participer à la O League et c’est ça qui compte. Après, la victoire d’une équipe de Promotion d’honneur des îles dans ces play-offs remet en cause beaucoup de choses dans l’organisation de ce championnat. Mais c’est une autre histoire. »
Du côté de Kirikitr, on n’abandonne pas même si la décision de faire appel de cette décision n’a pas été prise. « Kirikitr est un club omnisports et, avant de décider de faire appel ou pas, il nous faut réunir tous ses dirigeants, confie Jules Hméun, entraîneur de l’équipe de Lifou. Cela va prendre du temps mais nous allons nous décider sous dix jours. »
« C’est un peu le pot de terre contre le pot de fer, continue le technicien. L’AS Magenta veut le titre et c’est un club puissant. Nous comprenons la démarche même si nous regrettons qu’un moratoire ait été offert aux clubs de PH Sud pour régulariser leurs licences à la fin de cette saison et que nous, club des îles, soyons sanctionnés sans attendre. »
Cette affaire est donc loin d’être terminée. Mais l’AS Magenta hérite pour l’instant des faveurs des pronostics. Et les dirigeants de la FCF suivent l’affaire de loin, depuis les Bahamas où ils participent au congrès de la Fédération internationale.
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