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  Nouvelle-Calédonie > Social - 03/07/2009    
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Les bons comptes de la Cafat en 2008
Seul le poste « accidents du travail » est en déficit d’une petite centaine de millions. Une paille comparée aux 12,7 milliards que la Cafat a dégagés sur un budget global avoisinant les 80 milliards. Un millésime exceptionnel que l’année 2009 aura peu de chances d’égaler.

On a connu pire. Bien pire même, notamment avant la création du Ruamm. Avec un excédent des recettes sur les dépenses de 12,7 milliards, la Cafat a produit en 2008 un millésime exceptionnel. Grâce à l’excellente conjoncture de l’année dernière, à quelques rattrapages, mais aussi grâce au cadrage des dépenses de santé. Les menaces sur les retraites sont éloignées d’une bonne dizaine d’années (l’allongement de la durée de cotisation est passé par là). La crise ne s’est pas encore fait sentir à la Cafat qui a brassé un budget global d’environ 80 milliards en 2008. Le premier trimestre 2009 reste excellent. Et l’année en cours devrait se solder plutôt bien, même si l’on redoute un deuxième semestre plus gris. Raphaël Ghesquiere et Daniel Ochida, respectivement président et vice-président de l’organisme d’assurance santé retraite ont fait un tour d’horizon point par point.

Maladie : un excédent de 3,15 milliards
La Cafat a déboursé 46,5 milliards en dépenses de soins, et engrangé 49,65 milliards en cotisations. Les ressources ont progressé en 2008 trois fois plus vite que les frais. La politique de contrôle des dépenses n’y est pas étrangère même si la conjoncture a été exceptionnelle. Rappelons qu’en 2006, le poste maladie était déficitaire de 426 millions. Le nombre d’Evasan ne cesse de diminuer depuis trois ans.

Chômage : + 774 millions
Pour la troisième année consécutive, l’assurance chômage est largement bénéficiaire. Seules les personnes sans qualification sont frappées durablement par l’inactivité. « Il n’y a pas de chômage chez les ouvriers spécialisés », insiste Raphaël Ghesquiere. En 2008, la caisse chômage a indemnisé une moyenne de 1 338 personnes par mois. Le nombre d’emplois salariés a augmenté significativement. Mais celui des chômeurs est en légère progression. Reste que la situation pourrait se dégrader au deuxième semestre 2009.

Prestations familiales : les enfants d’abord
Sous l’expression prestations familiales, il faut entendre les allocations prénatales, les allocations maternité et les allocations familiales classiques. Le budget global 2008 était de 9,3 milliards, il laisse un excédent de 1,67 milliard. L’essentiel du budget est consommé par les allocations familiales et bénéficie à 61 322 enfants.

Allocations de solidarité : bingo !
Ce poste, confié à la Cafat, a été créé par le gouvernement et le Congrès en 2005. Il est financé par une contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés. Il est largement bénéficiaire depuis l’origine (presqu’autant d’excédent que de dépenses effectives). Mais en 2008, des rattrapages d’impôts en retard ont permis de doubler (et même un peu plus) les recettes, sans que les dépenses n’augmentent significativement. Résultat, pour 1,59 milliard distribué, plus de 4 milliards sont restés dans les caisses. Ça ne se reproduira pas tous les ans. Mais ça permet de voir venir.

Retraites : l’horizon se dégage
La belle santé économique passée a permis un bond de 19,8 à 22,1 milliards des cotisations, laissant un excédent de plus de trois milliards. Les mesures d’allongement de la durée de cotisation (35 ans contre 30) et de l’âge minimum pour une retraite à taux plein (57 ans et demi au lieu de 55) vont faire progressivement leur effet. L’horizon est désormais dégagé. On ne parle plus d’éventuels problèmes de trésorerie à l’échéance 2011 ou 2012. Le système est considéré comme viable jusqu’en 2025.
Reste qu’il ne faut pas se leurrer. « En la matière, il faut anticiper et voir à long terme » prévient Daniel Ochida en rappelant que beaucoup de pays d’Europe ont repoussé l’âge de départ à 67 ans. Bref, il serait surprenant qu’en 2020 il soit encore possible de faire valoir ses droits, à taux plein, à moins de 60 ans.

  Retraite et minimum vieillesse, ne pas confondre 
À la Cafat, on accueille avec circonspection l’engagement des nouveaux élus (ou plus exactement des anciens candidats) de créer un minimum vieillesse de 80 000  ou 90 000 F. D’abord, un minimum vieillesse n’est pas une retraite versée sur des droits acquis. C’est un acte de solidarité collective, financé par l’impôt. Or la confusion semble régner dans bien des esprits. Y compris ceux de certains décideurs.
Il existe une retraite minimum à la Cafat, de 32 000 F par mois, versée y compris aux cotisants qui ont acquis les points correspondant à une pension de 10 000 F. Depuis quelques années, le complément est versé par la Nouvelle-Calédonie. Mais entre 32 000 et 80 000 F, il y a une différence. Les politiques ne seront-ils pas tentés de lorgner sur les caisses, actuellement bien garnies, de la Cafat pour qu’elle contribue d’une manière ou d’une autre ? Les responsables de la caisse montent sur leurs ergots quand on évoque le sujet.
Sans même aller jusqu’à une contribution, Daniel Ochida craint que l’instauration d’un minimum vieillesse ait un effet pervers sur la caisse retraite. Certains cotisants ne seront-ils pas tentés de se dérober, sachant que, de toute façon, ils auront un parachute ? D’où son insistance pour qu’un régime de retraite obligatoire soit créé en direction des indépendants, comme cela a été fait au début des années 2000 avec le Ruamm, pour la maladie et la maternité.



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